Annulation de l’interdiction d’élevage d’animaux à fourrure aux Pays-Bas

Annulation de l’interdiction d’élevage d’animaux à fourrure aux Pays-Bas

Le jugement du tribunal de La Haye, selon lequel l’interdiction d’élevage d’animaux à fourrures (à partir de 2024) serait inconstitutionnelle, pourrait avoir un impact international considérable. Les fédérations européennes d’éleveurs de visons et de vendeurs de fourrures se réjouissent de ce verdict.

Pas de compensation pour la perte de revenus

Estimant que la fourrure est « un produit de luxe superflu », le sénat néerlandais a voté en 2012 l’interdiction d’élevage d’animaux à fourrure.  Un coup dur pour le secteur de la fourrure néerlandais, le troisième plus grand éleveur de visons, avec une production annuelle de 5 millions de fourrures. Selon les calculs de KPMG, la compensation pour la fermeture des établissements néerlandais d’élevage d’animaux à fourrure s’élèverait à environ 1,2 milliards d’euros.


Et c’est là que le bât blesse ! L’interdiction ne prévoyait aucune compensation pour les éleveurs d’animaux à  fourrure néerlandais qui auraient dû fermer leur exploitation et perdraient ainsi leur source de revenus. Le tribunal a estimé que cette mesure enfreignait la ‘Convention des droits de l’homme’ et a dès lors annulé l’interdiction d’élever des visons.


Un jugement à impact international

Ce jugement pourrait avoir des conséquences importantes à l’heure où les élevages d’animaux à fourrure sont remis en question dans plusieurs pays. « Le message des Pays-Bas  envers les politiciens européens est qu’ils réfléchissent à deux fois avant d’interdire l’élevage d’animaux à fourrure. J’espère que le jugement du tribunal de La Haye les convaincra qu’ils ont tout intérêt à soutenir, plutôt qu’ à  interdire un segment agricole prospère, respectueux du bien-être animal et générant des revenus d’exportation », souligne Wim Verhagen de la Fédération néerlandaise des éleveurs d’animaux à fourrure.


Isolde Delanghe, secrétaire de la Fédération belge de la Fourrure (Unizo), partage cet avis : « En Belgique aussi plusieurs politiciens ont déposé des propositions visant à interdire les élevages d’animaux à fourrure dans notre pays. La Fédération belge de la Fourrure et l’Association belge des éleveurs d’animaux à fourrure espèrent que les politiciens belges tiendront compte du verdict du tribunal de La Haye, avant de prendre une décision. »

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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