Benetton retourne à ses racines

Benetton retourne à ses racines

Luciano Benetton, fondateur de l’entreprise italienne éponyme, reprend les rênes à l’âge de 82 ans pour permettre à la compagnie de retrouver sa gloire d’antan. « Le déclin est une douleur intolérable », a-t-il déclaré au quotidien La Repubblica.

Péché capital

Depuis sa retraite en 2008, Luciano Benetton a vu sombrer l’entreprise fondée par sa famille  en 1965 et connue dans le monde entier pour sa communication d’avant-garde et provocatrice. Dans un long entretien avec le quotidien italien La Repubblica, l’octogénaire exprime sa colère face à la détérioration rapide du chiffre d’affaires, qui est passé de 155 millions d’euros d’actifs en 2008 à 81 millions de passif en 2016.

 

United Colors a perdu ses couleurs, affirme-t-il : « Le message de l’intégration qui a fait le succès de la marque a été perdu en faveur d’une atmosphère sombre et triste dans nos magasins. » Selon lui, le péché le plus grave a été d’arrêter la fabrication des pulls Benetton emblématiques, une décision qu’il qualifie d’incompréhensible : « C’est comme si mes successeurs l’avaient fait exprès ».

 

Redresser la société

Marco Airoldi, à la tête de Benetton Fashion Company  depuis 2014, a quitté l'entreprise au mois de mai dernier. Depuis la retraite de Luciano Benetton la gestion de l'entreprise n'a pas été très stable : elle a d'abord été confiée à son fils Alessandro, qui était vice-président depuis six ans, et ensuite à des managers extérieurs à la famille.

 

Le père Benetton n’est pas le seul à retourner sur le terrain : sa sœur Giuliana, âgée de 80 ans, a recommencé à faire des pulls et l'illustre photographe Oliviero Toscani reprendra la thématique de l’intégration.  « Nous sommes en train de préparer un produit nouveau, nous rénovons les magasins, nous étudions les couleurs, nous nous réorganisons », a précisé M. Benetton.

 

Concernant le nombre de salariés de Benetton, qui est passé de 9.766 en 2008 à 7.328 aujourd’hui, il précise : « nous donnerons une chance à tous, mais nous devons alléger l’entreprise. »