Comment la plateforme de nettoyage Dobbi contribue à une industrie de la mode circulaire

Maurits Tiethoff en Ruben van Pelt, Dobbi

Il y a trois ans, Dobbi a fait son arrivée comme un service de blanchisserie et de nettoyage à sec pour les consommateurs. Aujourd'hui, la plateforme se présente comme un partenaire pour les détaillants de mode qui souhaitent devenir plus durables. Après les Pays-Bas et la Belgique, elle ambitionne un développement à l’international.

 

Prolonger la durée de vie des vêtements

« L'industrie de la mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Chaque seconde, l’équivalent d’un camion d’articles textiles usagés sont jetés ou brûlés. Aux Pays-Bas, cela représente environ 150 millions de kilos par an », explique Maurits Tiethoff, qui a fondé la plateforme de nettoyage à sec Dobbi en 2018 avec son partenaire commercial Ruben van Pelt. « En moyenne, les gens portent un vêtement sept fois avant de le jeter, et environ 45 % des vêtements finissent à la poubelle parce qu'ils sont tachés. Le nettoyage professionnel des textiles est jusqu'à quatre fois plus durable que le lavage à domicile et peut éliminer 90 à 95 % des taches sur les vêtements. Cela permet de prolonger la durée de vie des vêtements. »

 

Dobbi peut compter sur Henkel et PostNL comme investisseurs stratégiques. « Persil veut rester pertinent en tant que marque de lessive. Comment les gens feront-ils leur lessive dans cinq ou dix ans ? Ils croient fermement en la transition vers le produit en tant que service. » Grâce au réseau de PostNL, la plateforme de nettoyage à sec peut collecter le linge partout aux Pays-Bas entre 8 et 20 heures dans un créneau horaire de deux heures, que le consommateur peut choisir. En outre, le service est disponible dans quelque 600 points de vente au détail, notamment chez les chaînes de supermarchés Jumbo et Spar.

 

Location de vêtements et vêtements d'occasion

Ce réseau performant de « collect, clean & deliver » ouvrent la porte à de nouveaux modèles commerciaux. Pour les consommateurs, Dobbi est désormais bien plus qu'un service de blanchisserie et de nettoyage à sec : l'entreprise a également fait son entrée sur le marché des vêtements d'entreprise. « La transition vers l'utilisation circulaire est déjà un peu plus avancée dans les entreprises. Non seulement nous nettoyons les vêtements d'entreprise, mais nous veillons également à ce que les vêtements des employés qui quittent l'entreprise, auparavant jetés, soient réutilisés, et nous proposons également un service de recyclage. »

 

Dobbi entrevoit également un potentiel dans le marché de la location de vêtements, un modèle déjà en pleine expansion en Amérique, avec Rent The Runway, par exemple. « La collecte et le nettoyage des vêtements loués sont essentiels pour ce modèle économique. Nous espérons pouvoir jouer sur cette tendance. Nous voyons également des opportunités sur le marché du vintage. L'inconvénient des vêtements d’occasion est que, parfois, ils sentent mauvais ou sont sales. Nous pouvons apporter une solution. Selon les experts, d’ici à 2030, le marché des vêtements d’occasion sera une fois et demie plus important que celui des vêtements neufs. Pensez à une plateforme comme Vinted, ou à Zalando qui vend désormais aussi des vêtements d'occasion : le marché est en plein essor. »

 

En discussion avec les chaînes de prêt-à-porter

Dobbi est déjà en discussion avec Zalando, Inditex et d'autres grands acteurs de l'habillement qui témoignent de l’intérêt pour cette plateforme collect & clean. « Nous voulons faciliter la transition vers l’habillement circulaire. À mon avis, une véritable transition nécessitera l'intervention du gouvernement. Les véhicules électriques sont subventionnés, tout comme l'énergie verte. Aux Pays-Bas, un dispositif REP (Responsabilité élargie du producteur) est en cours d'élaboration, visant à rendre les chaînes et l'industrie de la mode responsables de la récupération des vêtements usagés selon le principe du pollueur-payeur. C’est une grande opportunité pour nous. »

 

Souvent, Dobbi peine encore à engager des discussions avec les grandes chaînes de mode. « Nous pourrions également ouvrir des points de service pour elles. C’est déjà le cas actuellement aux Pays-Bas pour une chaîne de mode, Only for Men. Elle fait de la publicité sous le slogan ‘Le neuf n'est pas toujours mieux’, elle dispose d’un point de service à nous dans le magasin et donne à ses clients un bon Dobbi. Nous allons également collecter des textiles pour elle, afin de mettre en place ce flux de retour. Cela pourrait être reproduit avec d'autres chaînes de mode. » Le moment semble être opportun : « Zeeman  s’est lancé dans la vente de vêtements d'occasion aux Pays-Bas. Je pense que les chances de réussite sont grandes. C’est en accord avec la formule. La collecte de vêtements pour enfants est un bon exemple d'économie circulaire. »

 

Déploiement international

Récemment, Dobbi a également fait son entrée en Belgique : « Nous l'avons fait à la demande de clients hollandais qui sont également implantés en Belgique. Il n'y a que vingt minutes de route entre Rosendael et Anvers. Pour l'instant, nous n'avons que des clients professionnels, nous sommes également en discussion avec la Fédération belge de l'entretien du textile. Nous allons également commencer à cibler les consommateurs cette année, pas d’emblée à l'échelle nationale mais dans quelques grandes villes comme Anvers, Gand et Bruxelles. Nous aimerions beaucoup déployer notre modèle à l’international. La Belgique sera un test, puis nous voulons nous étendre en France, en Allemagne et même en Amérique. D'où les discussions avec les grandes chaînes de mode : si elles y croient, nous pourrons pénétrer de nouveaux marchés ensemble. »

 

Maurits Tiethoff et Ruben van Pelt nous expliqueront comment Dobbi peut aider les détaillants de mode à s'orienter vers un modèle circulaire lors du RetailDetail Day, qui aura lieu le jeudi 16 septembre à Anvers. Des représentants de Mars Food, Colruyt Group et Zeeman seront également au rendez-vous lors de cette conférence marketing pour le secteur de la distribution. Nous annoncerons les noms d'autres intervenants prochainement. Il s'agira d'un événement hybride : les participants pourront choisir de vivre le congrès sur place dans un environnement covid-safe ou de suivre à distance la retransmission en direct. Suivez ce lien pour retrouver de plus amples informations et réserver vos billets.