Ex-dirigeants du chausseur de luxe Kélian condamnés pour faillite frauduleuse

Ex-dirigeants du chausseur de luxe Kélian condamnés pour faillite frauduleuse

Alain Duménil et Daniel Bagault, ex-propriétaire et ex-PDG de la marque française de chaussures de luxe Stéphane Kélian, ont été condamnés en appel en raison de leur rôle suspect dans la faillite de leur entreprise en 2005. Au grand soulagement d’un groupe d’ex-collaborateurs qui avaient porté l’affaire devant les tribunaux. «Pour une fois, un financier qui a massacré une entreprise a été condamné. Nous sommes ravis d'être arrivés au bout de ce combat», se félicite leur avocat.

Un an de prison avec sursis

M. Duménil avait repris en 2002 l’entreprise Stéphane Kélian, alors en redressement judiciaire, et l’avait scindée en onze entités, chargées de la vente en boutique, en solderies, de la logistique, de la production, … etc.


Au mois d’août 2005 Duménil déposait le bilan dans des circonstances suspectes. Mi-septembre le procureur de Valence  ouvrait une enquête judiciaire suite à une plainte pour « manœuvres frauduleuses », introduite par les bourgmestres de Romans et Bourg-de Péage (entre Valence et Grenoble), où l’entreprise était implantée. La faillite avait entraîné la perte de 150 emplois.


Après une condamnation en première instance Duménil & Co sont à présent également condamnés  en appel : Duménil écope d’un an de prison avec sursis et de 75.000 euros d’amende, l’ex-CEO Daniel Bagault s’en sort avec trois mois avec sursis et une amende de 15.000 euros.


Propriété du Groupe Royer

Malgré la faillite de l’entreprise, la marque Stéphane Kélian a subsisté. En 2007 elle a été rachetée par le Groupe Royer, qui a installé à Romans un bureau de création où travaillent actuellement 13 personnes, alors que la majorité de la production a été délocalisée dans les pays à bas coût. Le Groupe  Royer compte cinq boutiques en propre (à Bordeaux, Lyon, Toulouse et deux à Paris) et exploite sous licence  les marques de chaussures Kickers, Lee Cooper, Converse, Chipie et Hello Kitty. Par ailleurs en 2008 Royer a racheté la marque Charles Jourdan, autre chausseur de luxe français, alors en difficultés financières.


Le groupe d’origine bretonne  a clôturé l’exercice 2011 avec un chiffre d’affaires de 310 millions d’euros (+10%). Fin janvier le groupe annonçait le lancement d’une nouvelle enseigne Kid’s & Kickers, un réseau de magasins multimarques de chaussures pour enfants. Le premier Kid’s & Kickers ouvrira ses portes à Limoges, deux autres suivront à Troyes et à Vannes. L’objectif est d’atteindre 50 Kid’s & Kickers d’ici 2015.


Et le Groupe Royer a raison de miser sur les chaussures pour enfants car sur le marché de la chaussure en recul, le segment pour enfants résiste. Par ailleurs la France a le taux de natalité le plus élevé en Europe et les parents y achètent en moyenne 8 paires de souliers par an pour leurs rejetons.

 

 

Traduit par Marie-Noëlle Masure

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