La Fille d’O : « La délocalisation de la production ou la faillite » | RetailDetail

La Fille d’O : « La délocalisation de la production ou la faillite »

La Fille d’O : « La délocalisation de la production ou la faillite »

La Fille d’O, la marque de lingerie de Murielle Scherre, va transférer une partie de sa production vers un pays à bas salaires, éventuellement la Pologne. « Une nécessité pour survivre », selon la créatrice gantoise.

« 44% des  frais non répercutés »

La décision de Murielle Scherre (35 ans) a de quoi surprendre, car elle a toujours mis un point d’honneur à travailler avec des matières premières et des producteurs locaux. « Nos tissus proviennent de chez Liebaert à Deinze, la gradation des patrons se fait à Wevelgem et la confection à Kemmel. L’apport des piqueuses est également indispensable pour la fabrication d’un bon produit », explique-t-elle au journal De Tijd.


Pourtant la créatrice gantoise a décidé à contre-cœur  de transférer partiellement la production vers un pays à bas salaires.  « Nous ne chamboulons pas tout radicalement », souligne-t-elle. « Le développement des nouvelles pièces et la collection designer resteront ici. »


Murielle Scherre qualifie cette décision de compromis : «  Nous en étions arrivé au point où 44% des frais n’étaient pas répercutés sur le client. Continuer à travailler ainsi, c’est comme un compte à rebours jusqu’à la faillite. Lorsque mon directeur financier a parcouru les différentes possibilités pour l’avenir, cela m’a fait pleurer. Mais grâce à cette solution, tout le monde conservera son job et nous n’intervenons qu’ au niveau de la structure. Je peux m’y résigner, le client n’en ressentira aucun inconvénient », avoue-t-elle.

 

« La Belgique est un filet de sécurité sans numéro de cirque »

Murielle Scherre, qui a lancé La Fille d’O en 2003, émet de lourds reproches envers les autorités. « La Belgique est un filet de sécurité sans numéro de cirque. Les acrobates ont désappris leurs numéros, parce que l’état veut bon gré mal gré vous tenir la main. Je ne veux pas d’assurances, ni de cotisations pour une pension que je n’aurai jamais. Je ne demande pas non plus une indemnisation en cas de maladie ou autre malheur. »


« Cela fait 10 ans que je gagne 1.000 euros par mois, que je me paie d’ailleurs rarement, car l’entreprise passe avant. Mon personnel gagne plus que moi, même si c’est le salaire minimum. Mais ils me coûtent trois fois plus », confie la créatrice visiblement désappointée.

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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