Les boutiques de mode voient s'accumuler les factures mais échouent auprès des banques

Les boutiques de mode voient s'accumuler les factures mais échouent auprès des banques
Shutterstock

En Belgique, les magasins de vêtements tirent la sonnette d'alarme. Les factures pour la collection de printemps sont arrivées, de plus en plus de fournisseurs veulent être payés à l'avance et, parallèlement, les banques refusent de plus en plus d’intervenir. 

 

L'effet FNG

La crise du coronavirus a déjà pesé lourd sur les finances des boutiques de mode en Belgique. Le confinement et les mesures de restriction sur le funshopping ont fait dégringoler les chiffres d’affaires. Mais même les magasins au parcours financier irréprochable avant la crise du coronavirus constatent aujourd'hui que leur banque attitrée leur tourne le dos. Dans De Tijd, la fédération sectorielle Mode Unie dit redouter de sérieux problèmes si cela n'est pas résolu.

 

L'un des propriétaires de magasins cités dans De Tijd soupçonne que les banques soient devenues quelque peu hostiles au secteur de la mode après la débâcle chez FNG. Certaines banques ont soudainement placé les boutiques de mode dans la même catégorie de risque que l'horeca.

 

Febelfin : « Continuer à reporter les paiements est insensé »

Alors que les revenus diminuent, les soldes d'hiver de cette année menaçant de tourner au fiasco, les détaillants ne peuvent pas non plus compter sur des fournisseurs accommodants. Alors qu'ils appliquaient des délais de paiement allant jusqu'à 60 jours, ils sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à exiger un paiement anticipé total ou partiel. 

 

Une situation problématique qui est remontée jusqu’à l'organisation des indépendants Unizo, qui l'a portée devant la fédération bancaire Febelfin. Mais il semble que les choses ne bougeront pas de sitôt. Le PDG de l'Unizo, Danny Van Assche, estime pourtant que les banques ont reçu une capacité financière suffisante grâce au « bazooka » bancaire de 50 milliards accordé par le gouvernement. Celui-ci leur permet d'accorder des prêts garantis par le gouvernement. « Ce bazooka ne doit pas devenir un pistolet à eau », a déclaré Van Assche dans De Tijd.

 

Fermer le robinet financier

Febelfin ne se laisse cependant pas impressionner et semble penser qu'il est temps de fermer le robinet financier. « Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la crise, et continuer à reporter les paiements est insensé. Arrive un moment où il faut arrêter de repousser les problèmes », déclare Karel Baert, administrateur délégué de Febelfin.

 

Mode Unie compte sur une nouvelle intervention du gouvernement. La fédération espère une compensation pour les marges perdues et une réduction temporaire de la TVA. Mais ce sont surtout les banques qui en ont pris pour leur grade. « Si elles ne nous aident pas comme nous les avons aidés en 2008, nous aurons des ennuis », peut-on lire.