Les fabricants de vêtements en Asie souffrent de la crise du coronavirus

Les fabricants de vêtements asiatiques souffrent de la crise du coronavirus

La crise du coronavirus engendre également de graves conséquences pour l’industrie textile en Asie. Des marques de mode occidentales telles que Primark et Zara suspendent en masse leurs commandes, entrainant ainsi la fermeture de nombreuses usines et une forte augmentation du taux de chômage.

 

Lockdown

Les producteurs de vêtements du Bangladesh, du Cambodge, du Myanmar et du Vietnam, entre autres, ont déjà vu quelques dizaines d’usines fermer leurs portes jusqu’à présent, et ce, principalement en raison de la perturbation des chaînes d’approvisionnement en Chine (pays où l’épidémie actuelle a débuté et qui reste le principal fournisseur de matières premières pour de nombreux fabricants de vêtements).

 

Au Vietnam, l’un des principaux exportateurs de textiles au monde, la croissance du secteur n’a atteint que 1,7 % en janvier et février. Maintenant que de plus en plus de régions d’Europe et des États-Unis sont placées en confinement et que les grands détaillants de mode réduisent le nombre de leurs commandes, la production menace de s’arrêter complètement.

 

La semaine dernière, Primark a annulé des dizaines de commandes et a conseillé à ses fournisseurs, dont beaucoup sont basés en Asie du Sud-Est, « d’envisager sérieusement d’arrêter toute production actuelle et future ainsi que les achats de matériaux concernant les commandes de Primark », écrit le journal Asia Times. Marks & Spencer a annoncé la semaine dernière que l’entreprise allait réduire ses commandes de vêtements d’au moins 118 millions de dollars (110 millions d’euros) dans les mois à venir. Toute une série d’autres chaînes (dont Zara, MangoMacy’s et J.C. Penney) ont déjà diminué le nombre de commandes ou les ont complètement suspendues.

 

Intérêt vital

Au Bangladesh, les usines ont déjà perdu près de 138 millions de dollars (125 millions d’euros) à cause de l’annulation ou de la suspension de commandes de marques internationales. Le gouvernement vietnamien craint que les exportations vers l’Europe diminuent d’au moins 8 % au cours des deux premiers trimestres de l’année. Des rapports locaux suggèrent que des dizaines de fabricants de vêtements ont déjà perdu des contrats de livraisons avec des entreprises européennes et américaines.

 

Entre-temps, l’Europe et les États-Unis prennent des mesures de plus en plus strictes contre le coronavirus, ce qui risque encore d’aggraver la situation déjà difficile. Au Cambodge, les exportations de vêtements et de chaussures représentent 40 % du produit intérieur brut. Le secteur emploie plus de 800 000 personnes, ce qui en fait le premier employeur du pays. Au Vietnam, l’industrie de l’habillement a généré plus de 36 milliards de dollars (33 milliards d’euros) de revenus en 2018.