LVMH offre une deuxième vie à ses « belles endormies »

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Hier, LVMH a lancé Nona Source, une plateforme numérique qui vend des stocks inutilisés de tissus et de cuir des marques de mode du groupe à prix cassés.

 

Une première dans l’industrie du luxe

Le projet circulaire, unique dans l’industrie du luxe selon le groupe, a été développé en interne par des employés de LVMH. Parmi eux, Romain Brabo, ancien acheteur de tissus chez Givenchy : il voulait apporter une solution aux nombreux « stocks dormants » auxquels il était confronté dans le cadre de ses activités. Si bon nombre de (jeunes) designers sont constamment à la recherche de beaux tissus pour créer leurs collections, ils n'ont souvent pas les moyens de les acheter.

 

Le concept est très simple, explique Marie Falguera, ancienne responsable RSE chez Kenzo: « Nous achetons les surplus des maisons de prêt-à-porter et, après les avoir évalués, nous les remettons en vente à des prix concurrentiels », explique-t-elle à Vogue Business. La réduction peut aller jusqu'à 70 % par rapport au prix de gros d'origine. Nona Source est une plateforme B2B ouverte à toutes les marques, y compris les designers indépendants, les maisons LVMH et les concurrents.

 

La nouvelle plateforme a été lancée hier avec 500 tissus différents, tous provenant d'une maison de luxe du groupe dont le nom n’a pas été divulgué. Nona Source ne vend pas non plus de rouleaux de tissu arborant un logo : ceux-ci sont éliminés et recyclés en partenariat avec un spécialiste des déchets.

 

Stigmatisation

Dans l’industrie de la mode, les stocks dormants représentent un important problème. Ils représentent en moyenne environ 15 % de la production mondiale, soit une perte de 152 milliards de dollars (125 milliards d'euros) par an. Ce problème a pourtant toujours été stigmatisé, les marques craignant qu'il traduise à lui seul une mauvaise gestion ou une mauvaise prise de décision commerciale.

 

Stephanie Benedetto, PDG de Queen of Raw, une autre plateforme consacrées aux surplus textiles, applaudit donc l'initiative et l'ouverture de LVMH : « Ces déchets concernent l’ensemble du secteur. Ils sont inhérents au système de production de la mode, du moins à la manière dont il a été construit. Mais nous sommes aujourd'hui à un tournant et nous pouvons mieux rentabiliser nos déchets et faire des économies. »

 

À terme, Nona Source veut élargir son offre avec d'autres matériaux. « Nous voulons être une plateforme de ressources créatives au sens le plus large du terme », déclare Brabo. Il pense notamment aux boutons, aux galons, aux fermetures éclair et aux bobines. « Nous serions ravis qu'un designer crée une collection composée à 100 % de stocks dormants provenant de Nona Source », conclut-il.