Swatch lutte contre le marché gris

Swatch lutte contre le marché gris

L'horloger Swatch a vu son chiffre d'affaires et ses bénéfices chuter au cours des six derniers mois, à cause des tensions politiques et de ce qu'il appelle le ‘marché gris’ : des vendeurs non officiels qui vendent les montres à des prix de dumping.

 

Dumping en Chine

Pour Swatch, le premier semestre 2019 se conclu avec un chiffre d'affaires de 4,1 millions de francs suisses (un peu moins de quatre milliards d'euros) hors effets de change, soit 4,4% de moins qu'un an auparavant. Le bénéfice net a également fortement baissé : il a diminué de 11,3 % à 415 millions de francs suisses (380 millions d'euros).

 

L'horloger suisse a invoqué le ‘marché gris’ comme principale cause de ce recul, en particulier pour les marques de luxe du groupe (Blancpain, Omega et Tissot). Il s'agit de vendeurs non officiels, principalement en Chine, qui achètent en masse les stocks invendus et les revendent ensuite avec de fortes remises.

 

Non seulement le Swatch Group affirme qu'il perd des centaines de millions de dollars de chiffre d'affaires, mais les ventes grises nuisent également à l'image de marque et nient l'exclusivité des montres de luxe. Bien que PDG Nick Hayek admet vis-à-vis Swiss Info qu’il est tentant pour les concessionnaires d'expédier des produits (invendus) en Chine, où la demande est plus forte, le groupe a immédiatement pris des mesures contre cette pratique et Hayek adopte une position ferme contre les ventes non officielles.


 
Tensions à Hong Kong

Les turbulences politiques et les manifestations de rue à Hong Kong se font également sentir : en tant que premier marché d'exportation de Swatch, les tensions de ces derniers mois y ont entraîné une baisse des ventes de plus de 10 %. 

 

Néanmoins, le groupe est optimiste concernant le reste de l'année. Hayek s'attend à une forte croissance et à une demande solide, en particulier grâce aux marchés clés que sont la Chine, le Japon et les États-Unis. La croissance du chiffre d'affaires pour l'ensemble de l'année devrait s’élever à un maximum d’environ 5 %. En bourse, les chiffres semestriels et les prévisions correspondantes ont été bien accueillis.