Uniqlo et Inditex accusées de recel de travail forcé

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Plusieurs groupes de mode, dont Inditex et Uniqlo, doivent se défendre devant un tribunal parisien d’accusations de recel de travail forcé et de crimes contre l’humanité.

 

Rapport

Selon les plaignants (l’ONG Sherpa, le Collectif éthique sur l’Étiquette et l’Institut Ouïghour européen) Inditex, Uniqlo, SMCP et Skechers continueraient de sous-traiter une partie de leur production dans la région du Xinjiang. Ils commercialiseraient également des articles utilisant du coton provenant de la région en question. La plainte entend « dénoncer  l’impunité de ces acteurs face aux violations commises dans le cadre de la mondialisation économique », rapporte Fashion Network.

 

Le Xinjiang concentrerait 20 % de la production mondiale de coton. Selon plusieurs ONG, le travail forcé serait toujours systématique chez les Ouïghours. La controverse a pris de l’ampleur l’année dernière après la publication d’un rapport exhaustif de l’Australian Institute of Political Strategy qui liait des dizaines de grandes marques  aux abus commis dans la région.

 

Un choix déchirant

Cette plainte intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et l’Occident sur cette question. Plusieurs marques qui se sont exprimées sur la polémique, comme H&M, ont vu leurs produits disparaître du marché chinois, sur fond d’appels au boycott sur les réseaux sociaux locaux. L’affaire place les marques d’habillement devant un choix difficile : traduire dans les faits les valeurs humaines sur lesquelles elles communiquent régulièrement ou se priver en pleine crise sanitaire d’un des plus grands marchés du monde.

 

Pour les ONG à l’origine de la plainte déposée à Paris, la question des Ouïghours vient souligner l’importance de la future directive européenne sur le devoir de vigilance. Le 10 mars dernier, les députés européens ont en effet voté un projet d’initiative portant sur le devoir de vigilance qui jette les bases d’un contrôle accru des entreprises et de leurs filiales.