« Les e-commerçants devront regrouper leur flux de marchandises »

« Les e-commerçants devront regrouper  leur flux de marchandises »

« Le consommateur est trop gâté par l’e-commerce : il s’est habitué à la gratuité des livraisons et des retours.  Pour mieux gérer la logistique, il est donc très difficile de jouer sur les prix », estime Cathy Macharis, professeur à la VUB et conférencière de ‘The Future of Logistics’ lors du RetailDetail Congress du 24 avril à Schelle.

Orientation vers une logistique unitaire

Macharis évoquera, entre autres, les défis logistiques auxquels les retailers sont confrontés pour satisfaire les attentes du client de manière efficace et durable.  « Si nous voulons une solution durable, nous devrons regrouper les flux de marchandises », indique le professeur.


L’e-commerce connaît également une forte progression en Belgique.  De nombreuses chaînes classiques ont déjà opté pour une approche omnichannel, constate Macharis.  « Chez Torfs, vous pouvez acheter des chaussures en magasin et si vous désirez un produit qui n’est pas présent, il vous est possible de le commander via un iPad dans le magasin et de vous faire livrer le colis à la maison le soir même.  Les chaînes qui ne proposent pas ce type de service, perdent des affaires.  Si le client ne trouve pas immédiatement ce qu’il cherche, il l’achètera ailleurs via internet. »


« Par conséquent il est nécessaire de s’orienter vers une logistique unitaire plutôt que fragmentée.  Si tout le monde continue à circuler avec de petits colis, la quantité de trajets sera énorme. Cela influera également sur les coûts.  Pas uniquement pour le distributeur, mais également au niveau sociétal. »

 

Besoin d’une solution durable

 « En Belgique, l’e-commerce a démarré plus lentement que dans beaucoup d’autres pays européens, mais il se développe très rapidement à l’heure actuelle.  Une chaîne comme Torfs observe une augmentation de 20 % par mois de ses ventes via internet.  Toutefois, le retard initial a eu des conséquences sur le développement des centres de distribution pour l’e-commerce spécialisé.  Ceux-ci se trouvent principalement aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, mais pas en Belgique.  Et nos marchés sont généralement livrés depuis ces pays-là.


« C’est pourquoi nous allons, d’une manière ou d’une autre, devoir regrouper le flux des marchandises.  Pour ce faire, il faudra soit que différentes entreprises collaborent ensemble, soit que des sociétés externes collectent les marchandises de plusieurs fournisseurs, qu’elles distribueront ensuite dans les villes avec des véhicules électriques », explique Cathy Macharis.


Les fournisseurs de services logistiques cherchent dès lors leur place dans ce nouveau paysage, observe le professeur de la VUB.  « Bpost est un des acteurs qui souhaite se positionner sur le marché.  Cette entreprise possède déjà le réseau et les véhicules et a l’habitude de gérer de grandes quantités avec succès.  On fera plus souvent appel à des coursiers comme DHL et TNT pour la livraison de petites unités à des heures spécifiques demandées par le client ; ce qui entraîne une segmentation. »


Le coût des expéditions retour

Selon Macharis, l’exemple du nouveau service  ‘bpost sur rendez-vous’ démontre également que l’on s’oriente de plus en plus vers un regroupement  de la logistique. Via ce projet, qui vise les familles actives, les personnes âgées et les malades, les marchandises commandées chez une série de commerçants locaux sont livrées à domicile.


Les expéditions retour représentent un aspect important du commerce en ligne.  « On a tendance à l’oublier, mais parfois ces retours atteignent jusqu’à 50%, ce qui a même menu certains distributeurs à leur perte.  C’est donc un facteur à ne pas perdre de vue », souligne Macharis.

 


Cathy Macharis prendra la parole au RetailDetail Congress du 24 avril, lors de l’avant-programme ‘The Future of Logistics’.  Cliquez ici pour vous inscrire et pour de plus amples informations.

 

 

Traduction : Laure Jacobs

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