La crise stimule la créativité des Belges dans leur comportement d’achat

La crise stimule la créativité des Belges dans leur comportement d’achat

La crise de l’euro incite les consommateurs à l’épargne et à éviter les grosses dépenses. Mais aujourd’hui, même pour les produits de base, il semble que le comportement d’achat de nombreux citoyens européens, principalement en Europe du Sud, ait changé. Non seulement les produits de marque doivent s’incliner devant les alternatives meilleur marché, mais en plus la consommation diminue.

Heureusement en Belgique les choses n’en sont pas encore là :  le consommateur belge s’est adapté et a trouvé le moyen, même en temps de crise, de ne pas devoir réduire sa consommation. Malgré tout, la consommation générale dans notre pays est en baisse pour la première fois depuis la Seconde  Guerre mondiale.


La crise de l’euro diminue la consommation européenne

Depuis quelques années déjà, la crise de l’euro marque de son empreinte le comportement d’achat du consommateur. Chacun est devenu plus économe et chaque ménage réfléchit à deux fois avant de dépenser son argent. Le taux de chômage élevé et les mesures d’austérité radicales ont incité les consommateurs, principalement en Europe du Sud, à réduire leurs achats.


D’ailleurs les chiffres européens des grandes multinationales comme Nestlé, Coca-Cola et Carrefour le prouvent : les ventes de produits alimentaires et de boissons stagnent, voire même régressent.


Selon Peter Vanden Houte, économiste en chef d’ ING Belgique, seuls les consommateurs allemands se montrent positifs quant à leurs dépenses ménagères pour l’année prochaine. Dans le reste de l’Europe, depuis 2010 le pessimisme s’est installé. En  Belgique aussi la confiance du consommateur en a pris un sérieux coup, même si chez nous la situation n’est aussi catastrophique que dans le reste de l’Europe. Pour preuve : les chiffres belges positifs annoncés hier par Nestlé et Carrefour.


Le Belge plus créatif, comme à son habitude    

Selon Dominique Michel, administrateur délégué de la fédération du commerce Comeos, il n’y a pas encore lieu de paniquer. Les consommateurs belges, et par conséquent les commerçants répondent à la crise de manière créative et recherchent des alternatives.


Les produits de marque en sont les premières victimes : alors qu’il y a 15 ans les marques de distributeurs représentaient 26% des ventes, ce pourcentage atteint aujourd’hui 34%. On constate également que les gens ont tendance à acheter leurs vêtements en période de soldes, plutôt qu’en début de saison. Autre changement dû à la crise : les clients préfèrent acheter de moins gros volumes et revenir plus fréquemment au magasin.


Bref, le consommateur belge ne renonce pas à bien manger et bien s’habiller … à cette différence près qu’aujourd’hui il a réellement pris conscience des prix.  


Un marché en stagnation

Contrairement à l’Europe du Sud, où une partie du marché s’érode suite à la moindre consommation, en Belgique le marché alimentaire stagne. La situation n’est pas dramatique, mais le commerce belge reste vigilant. Selon Dominique Michel, depuis 2008 les ventes alimentaires sont relativement stables, sans croissance, ni perte. « Depuis le début de la crise, c’est la troisième que l’on note une absence de croissance des volumes, ce qui n’avait plus été le cas depuis 30 ans », indique Michel.


En 2012, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la consommation générale en Belgique a régressé : les ménages ont dépensé 0,6% en moins par rapport à 2011.  La confiance du consommateur étant en forte baisse, le Belge a tendance à épargner, plutôt qu’ à consommer et par conséquent le situation du secteur du retail reste difficile …

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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