Les retailers quittent les centres urbains pour s’installer en bordure de ville

Les retailers quittent les centres urbains pour s’installer en bordure de ville

Ces six derniers mois un grand retailer sur trois a fermé un ou plusieurs de ses magasins, contre un sur cinq en 2011. Ce pourcentage n’a jamais été aussi  élevé, selon l’étude réalisée par le consultant en immobilier CBRE. Ces fermetures touchent principalement les centres-villes, alors que les chaînes situées le long des grands axes routiers sont moins concernées.

« Optimalisation, plutôt que réduction »

« Il ne s’agit pas nécessairement d’une réduction du réseau de magasins », explique Patrick Tack de CBRE. « Souvent un point de vente est fermé pour en ouvrir un autre ailleurs. Il s’agit donc plutôt d’une optimalisation. »


Par ailleurs la fermeture des points de vente est plus fréquente dans les centres-villes que le long des grands axes routiers. Selon Tacq ceci est dû au fait que « l’accessibilité des magasins devient de plus en plus importante. La possibilité de parking gratuit est également un facteur auquel le consommateur n’est pas insensible. »


L’enquête menée par CBRE révèle que malgré la crise le secteur retail a toujours des projets d’expansion. Près de trois chaînes de magasins sur quatre recherchent de nouvelles implantations, un pourcentage élevé, mais néanmoins en baisse par rapport aux 80% de l’année dernière.


Les chaînes d’alimentation et les grandes surfaces sont les plus ambitieuses : neuf enseignes sur dix souhaitent étendre leur réseau ; ces deux branches étant moins sensibles aux fluctuations de la conjoncture économique. Quant aux chaînes de sport et de loisirs, elles sont plus de la moitié à suspendre leurs projets d’expansion. Les chaînes actives dans le secteur de la maison et du jardin sont elles aussi davantage touchées par la crise.


Anvers, ville commerçante favorite

Les retailers ont une préférence pour Anvers comme lieu d’implantation et ont élu la ville scaldienne comme leur ville commerçante favorite. Anvers a obtenu 49% des votes, devançant Bruxelles avec un score nettement inférieur de 22%. Les commerçants apprécient les efforts fournis par la ville d’Anvers au niveau marketing et touristique.


Toutefois les retailers considèrent Bruxelles comme la ville commerçante la plus rentable. « Le potentiel d’acheteurs reste plus important à Bruxelles. Il ne faut pas sous-estimer l’impact des personnes travaillant dans la capitale : ils font leurs achats durant les heures de midi. Du lundi au vendredi Bruxelles est le lieu de shopping, alors qu’en weekend les gens se rendent à Anvers », explique Tacq.


Dans la catégorie des centres d’achats régionaux, les retailers accordent de bons scores aux villes de Gand, Liège, Courtrai, Louvain et Malines. Quant à Charleroi, Turnhout et Mortsel, ils estiment qu’il y a encore des efforts à fournir. Parmi les centres commerciaux, le Shopping Center de Wijnegem près d’Anvers est le grand favori avec 31% des votes des commerçants. Woluwe figure en deuxième position avec 25%, devançant Shopping Waasland avec 15% et L’Esplanade à Louvain-la-Neuve avec 12%.


Loyers élevés pour les emplacements ‘prime’

Concernant les loyers des espaces commerciaux, CBRE constate deux tendances différentes : « Globalement il y a une stagnation, mais pour les emplacements de catégorie supérieure les prix continuent à augmenter. Actuellement au Meir à Anvers et à la rue Neuve à Bruxelles les loyers s’élèvent à 1850 euros par m² par an pour des surfaces commerciales de 200m². A Wijnegem et Woluwe les retailers paient des loyers allant jusqu’à 1400 euros par m² par an. »


Les chaînes de magasins sont de plus en plus nombreuses à ressentir la crise : seuls 34% des retailers s’attendent à une croissance de leur chiffre d’affaires dans les douze mois à venir. Il s’agit du plus faible pourcentage enregistré depuis la première enquête en 2006. La plupart des retailers tablent sur une stagnation des résultats.


Les chiffres émis par CBRE sont basés sur une enquête annuelle menée auprès de 120 retailers nationaux et internationaux implantés dans notre pays. L’étude a été réalisée durant les mois d’août et septembre, qui ont été marqués par une nouvelle poussée de la crise de l’euro.

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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