Liège, ardemment à la recherche de magasins en centre-ville

Liège, ardemment à la recherche de magasins en centre-ville

LiègeLa Cité ardente brûle à nouveau d’ambition : la nouvelle gare de Santiago Calatrava a créé une toute nouvelle atmosphère à Liège.  Non seulement la ville accueillera le départ du Tour de France 2012, mais elle vise encore plus haut en posant sa candidature pour  l’Expo 2017.

Outre ces événements occasionnels et uniques qui redynamisent la ville auprès du grand public, les nombreux projets urbanistiques témoignent eux aussi de ce vent de renouveau qui souffle sur la ville de Saint-Lambert, notamment  les plans de  réaménagement impressionnants des quartiers aux alentours de la magnifique gare. Liège ‘back to business’ : la rénovation du centre-ville se fait petit à petit et l’image de la ville elle aussi se métamorphose.
 

Liège n’est plus l’ancienne ville industrielle (Cockerill et Val-Saint-Lambert), elle est maintenant « le centre économique de l’Euregio Meuse-Rhin », une région comptant près de 4 millions d’habitants. RetailDetail a mené son enquête quant aux projets retail de la ville et a soumis ses constations et questions à Maggy Yerna, échevine du commerce.

 

Madame l’échevine, la modernisation de votre ville bat son plein. La politique retail de votre ville a-t-elle également été innovée ?

M.Y. : « Oui, nous avons innové notre politique commerciale. Nous nous concentrons sur six fers de lances, dont l’Observatoire du Commerce constitue le pilier principal. Il doit nous permettre d’établir une base de données complète et actuelle de tout ce qui concerne le commerce : quelles sont les cellules commerciales occupées et vacantes, les prix des loyers, quels sont les types de magasins implantés dans certains quartiers, … etc.  Mais notre base de données va plus loin encore : nous comptabilisons le nombre de piétons qui y passent. Certaines rues voient passer plus de 100.000 piétons par semaine ! Nous voulons une analyse aussi détaillée que possible, afin d’adapter notre politique de façon optimale.

 

D’autre part l’Observatoire devra également conseiller et orienter les commerçants et investisseurs dans le choix d’un espace commercial. D’autres, comme les étudiants et les agents immobiliers par exemple, pourront également y obtenir des informations. Toute cette information, tant l’info générale que celle par quartier, sera publiée sur un site web spécial. »

 

Pouvez-vous nous donner des exemples de la façon dont la ville adapte sa politique à ces données ?

M.Y. : “Grâce à ces données nous avons pu distinguer quatre types de zones commerciales, ayant chacune leur propre dynamique et nécessitant donc une approche différente. Le centre-ville en soi, c'est-à-dire les quartiers entre le Boulevard de la Sauvenière et la Place Saint-Lambert, est en pleine phase de rénovation. La zone tout autour, que nous appelons la couronne, est en stagnation. Nous avons également deux grands axes commerciaux en développement (un au nord et un au le sud) et un peu loin il y a quelques pôles de liaison stabilisants.


Bien entendu nous ne tablons  pas uniquement sur cette base de données pour définir notre politique, nous nous basons également sur des remarques qui nous parviennent par d’autres canaux. Ainsi nous organisons des leçons de langue pour les commerçants, car il y avait une demande à ce niveau-là. Ce qui n’est pas étonnant d’ailleurs : vu la proximité du Limbourg et de l’Allemagne de nombreux clients parlent une autre langue.


Nous sommes également à l’écoute des commerçants lorsque nous réaménageons des rues : y a-t-il assez d’espace de chargement et de déchargement ? Nos bacs à fleurs ne gênent-ils pas la visibilité des magasins, sans parler du tracé du tram qui entraîne bien évidemment des soucis plus sérieux pour les commerçants. »

 

A voir la brochure, je constate que vous misez également sur la promotion?

LGEuregioM.Y. : « En effet, nous avons une stratégie promotionnelle pour les investisseurs et également pour les visiteurs qui font du shopping. Avec notre brochure « Liège, the place 2 shop » - disponible dans les trois langues de l’Euregio Meuse-Rhin, ainsi qu’en anglais – nous étions présents notamment au salon de l’immobilier à Cannes, Mapic. Nous nous efforçons de créer d’excellentes conditions annexes pour nos commerçants et investisseurs. On ne peut pas imposer le commerce, mais la commune peut créer un environnement attrayant pour le commerce.

 

Nous organisons également des événements spéciaux, afin d’attirer le plus possible de monde à Liège. Il y a la ‘Fête du commerce’ début juin et nous avons maintenant durant cinq semaines un marché de Noël, qui est si grand que nous l’appelons le village de Noël. Nous estimons que l’économie, la culture et le tourisme sont étroitement liés : par exemple lorsque nous organisons une manifestation culturelle, nous essayons d’impliquer le commerce et l’horeca dans l’événement. »

 

Dans de nombreuses villes on constate une relation tendue entre les commerçants du centre-ville et les plus grands commerces de la périphérie. Qu’en est-il à Liège ?

M.Y. : « A Liège nous avons une position très nette à ce sujet. Nous avons une grande zone commerciale à Rocourt, mais il n’en viendra pas d’autres dans la périphérie. Nous devons nous concentrer sur le centre-ville, qui offre des possibilités pour de tels investissements, prenez par exemple la galerie commerciale Médiacité et – encore plus au centre – les galeries Saint-Lambert. Le nouveau quartier de la gare n’accueillera pas non plus de commerces de grande ampleur, bien que la Rue des Guillemins (entre la gare et le centre) soit un axe primaire qui nécessiterait une réhabilitation. Les commerçants y ont beaucoup souffert des travaux de la gare et n’ont vraiment pas besoin d’une concurrence supplémentaire.


Evidemment nous n’avons notre mot à dire que sur un territoire restreint, c'est-à-dire uniquement sur la ville de Liège en soi. Les communes avoisinantes peuvent avoir d’autres priorités : ils ont pas mal de zones vertes où certaines communes souhaiteraient peut-être implanter une zone commerciale, dans l’espoir ou non de pouvoir construire des habitations aux alentours. Dans le centre-ville nous avons une démarche inverse : implanter des (petits) commerces  là où il y a déjà des habitations. Je dois dire qu’à ce niveau-là nous avons d’excellents rapports avec certains de nos voisins, comme Ans et Seraing.

 

Toutefois il faut rester vigilant et travailler dur pour une collaboration optimale. Tant de niveaux peuvent intervenir dans ce domaine : la Belgique, la Wallonie, la province, les communes … Nous devons donc établir une bonne collaboration verticale. »

 

Au début de l’article, nous avons abordé brièvement l’Expo 2017. Où en est-on à ce niveau-là? Et en particulier : quel en sera l’impact pour les retailers ?

M.Y. : « D’ici un an exactement la décision définitive sera prise. Il reste encore deux candidats : Liège et Astana, la capitale du Kazakhstan. Le terrain a déjà été choisi : à Coronmeuse, où a eu lieu l’Expo de 1939. Si l’Expo a lieu à Liège, cela aura évidemment un impact important sur le retail : pensez au merchandising, les touristes et tous les fournisseurs que cet événement attirera. Après l’Expo, un quartier d’habitation écologique viendra s’y implanter, où il y aura également quelques espaces pour les commerçants. Quant à savoir où et combien exactement, nous attendons d’abord la décision, mais comme nous venons de le dire ce sera à petite échelle, car ces commerces ne peuvent en aucun cas être une concurrence pour les commerçants du centre-ville.


Les commerçants peuvent évidemment dès maintenant témoigner leur soutien au programme. Nous ne demandons pas d’argent, mais ils peuvent par exemple pendre une affiche, faire référence à notre site web ou encore faire imprimer sur leurs sacs plastiques outre leur propre logo, un petit logo de l’Expo. Autant d’initiatives à petite échelle qui peuvent toutes ensemble contribuer à soutenir la campagne. D’ici peu nous organiserons une soirée spéciale afin d’informer les commerçant à ce sujet. »

 

Dernière question : le nouveau président du Standard a déclaré qu’il refuserait des subsides des autorités. Ne craignez-vous pas qu’il choisira, tout comme Club Brugge, de financer un nouveau stade avec un centre commercial annexe ?

M.Y. : “Notre position à ce sujet est très claire : il n’y aura pas de nouveau centre commercial sur le territoire de la ville de Liège. Je crois d’ailleurs qu'il a d’autres priorités qu’un nouveau stade. »

 

Questions or comments? Please feel free to contact the editors


« Le shopping doit être débarrassé des moments dénués de valeur »

20/03/2017

Les retailers d’aujourd’hui se trouvent devant un choix très simple : soit ils accélèrent l’expérience  en magasin, soit ils la ralentissent, affirme Cate Trotter d'Insider Trends, qui sera l'une des oratrices au RetailDetail Congress du 27 avril.

Carrefour Belgique intensifie ses efforts en matière de durabilité

10/06/2016

Produits plus sains, respect de l’environnement et ancrage local sont les trois piliers de la politique de Carrefour Belgique en matière de durabilité. Le retailer invite ses fournisseurs à participer à un concours anti-gaspillage.

L'Europe supprime les obstacles pour les achats transfrontaliers

06/06/2016

La Commission européenne a élaboré certaines mesures, afin de faciliter les achats des consommateurs sur des webshops étrangers. La Commission souhaite notamment s'attaquer au problème du blocage géographique.

C’est ainsi que Coca-Cola intègre le smartphone

11/04/2016

Le smartphone devient un partenaire indispensable lorsqu’on fait des achats, estime Coca-Cola : la marque de soda y répond par une multitude d’initiatives, dont une toute nouvelle application.

Les marques premiers prix perdent le combat contre le hard discount

24/03/2016

L’introduction des marques premiers prix est une mauvaise stratégie dans la lutte contre le hard discount, estime IPLC (International Private Label Consult). Leur qualité inférieure nuit à l’image des supermarchés et les marges diminuent.

Frans Muller : « En tant que retailer, il faut faire des choix »

23/03/2016

Dans les années à venir le CEO de Delhaize Frans Muller aura pour mission de mener à bien l’intégration entre Ahold et Delhaize. En quoi cela consistera-t-il ? Lors du prochain RetailDetail Congress il nous exposera sa vision des choses.

Back to top