Les détaillants investissent à nouveau avec plus de confiance dans l’aménagement de leurs magasins, mais de manière plus ciblée et réfléchie qu’auparavant. C’est ce qui ressort des projets récents et du nouvel aperçu des tendances du Retail Design Lab de l’UHasselt.
Concepts modulaires
Dans le domaine du design commercial, l’accent est désormais mis non plus sur des rénovations périodiques à grande échelle, mais sur des conceptions flexibles permettant des adaptations constantes. Selon Katelijn Quartier, professeur de design commercial à l’UHasselt, cette évolution marque une rupture nette avec le passé. « Aujourd’hui, le design commercial doit s’adapter aux changements rapides du comportement des consommateurs et de la technologie. Les magasins ne peuvent plus se permettre de tout bouleverser tous les sept ans », explique Mme Quartier.
Les concepteurs développent donc de plus en plus souvent des concepts modulaires, qui permettent aux détaillants de rénover de petites zones sans fermer tout le magasin. Cela garantit un flux continu de rénovation, avec des pics d’investissement moins élevés et moins de gaspillage.
De la mondialisation à l’ancrage local
L’aperçu des tendances montre comment le design commercial s’adapte aux grandes tendances telles que la mondialisation et la numérisation, mais les transpose dans un contexte local. Les chaînes internationales continuent d’opter pour des concepts évolutifs, mais y ajoutent des accents locaux dans les matériaux, l’aménagement et le storytelling. Cette localisation renforce l’authenticité du magasin et crée une distinction plus claire avec les canaux en ligne.
La numérisation reste visible, mais perd son caractère spectaculaire. La technologie soutient plutôt subtilement la visite en magasin, par exemple via des étiquettes numériques, des agencements basés sur les données ou des concepts hybrides en ligne-hors ligne.
La durabilité comme cadre de conception
La durabilité passe également d’un argument marketing à un cadre de conception structurel. Les détaillants tiennent compte du choix des matériaux, de la consommation d’énergie et de l’adaptabilité à long terme dans leurs nouveaux projets. Les conceptions flexibles limitent la nécessité d’une démolition et d’une reconstruction complètes, ce qui présente des avantages tant économiques qu’écologiques.
Cette ambition de durabilité se traduit également sur le plan esthétique. Les concepteurs optent plus souvent pour des matériaux naturels tels que le bois et pour des finitions brutes et authentiques. Le crépi décoratif ou le Mortex sont de plus en plus utilisés, non seulement en raison de leur aspect robuste, mais aussi parce qu’ils sont résistants à l’usure et durables.
Bien-être et tranquillité dans le magasin
Une autre tendance claire est l’attention portée au bien-être. Les magasins ne doivent plus seulement stimuler, mais aussi offrir une certaine tranquillité. Plus de lumière naturelle, de verdure et d’espaces ouverts créent une atmosphère plus agréable et prolongent la durée du séjour. Cette approche s’inscrit dans le cadre d’une attention plus large portée à la santé et au bien-être mental dans la société.
« Les consommateurs recherchent des endroits où ils se sentent bien, pas seulement des lieux où effectuer des transactions », explique Quartier. Le design des magasins répond à cette demande avec des palettes de couleurs plus douces, des textures naturelles et une meilleure acoustique. Le magasin évolue ainsi d’un simple point de vente à un espace d’expérience, sans tomber dans l’excès.
Le changement continu comme norme
L’aperçu des tendances montre clairement que le design commercial est aujourd’hui axé sur l’individualisation et l’expérience, mais dans un cadre rationnel. Les détaillants osent à nouveau investir, en accordant davantage d’attention au rendement, à la durabilité et à la flexibilité. Le magasin du futur n’est pas une fin en soi, mais un ensemble dynamique qui peut être constamment adapté.

