Mangerons-nous du vent dans 15 ans ?

Mangerons-nous du vent dans 15 ans ?

La start-up finlandaise Solar Foods développe actuellement une nouvelle substance alimentaire révolutionnaire et cette dernière tombe presque littéralement du ciel. La protéine, obtenue à partir d’hydrogène et de bactéries du sol, rivalisera avec le soja dès 2025 et sera dix fois plus efficace. 

 

La nourriture du futur ?

En mélangeant des bactéries avec de l’hydrogène, on crée une toute nouvelle sorte de farine pouvant un jour devenir l’aliment du futur. L’idée est née dans les années 1960 dans le cadre de la fabrication de nourriture spatiale, mais n’a été mise en pratique que pour la première fois dans le laboratoire de Solar Foods à Helsinki.

 

L’eau divisée en particules d’hydrogène à l’aide d’électricité permet d’obtenir à la fin du processus une farine protéinée jaunâtre, n’ayant ni goût ni odeur. Et c’est précisément le but, puisqu’elle peut ainsi être utilisée pour presque tous les types d’aliments. Les chercheurs y voient une base possible pour les pâtes et le pain, mais elle peut aussi remplacer l’huile de palme dans les sauces, les biscuits et autres.

 

La poudre, appelée Solein, peut également jouer un rôle extrêmement important dans l’industrie de la viande. D’ici 2025, le producteur s’attend à pouvoir égaler le prix de revient du soja, ce qui en fait une alternative intéressante à l’alimentation animale. Ou mieux encore pour l’environnement et la planète surexploitée : la nouvelle protéine peut servir de base pour la culture de viande ou de poisson in vitro.

 

Tour de table de 5,5 millions d’euros

Les scientifiques finlandais qualifient leur système d’hyperefficace et de durable puisque la production de cette poudre ne nécessite que très peu de surface et de matières premières. Cependant, être facilement disponible et obtenir un faible coût de l’électricité renouvelable constituent des conditions préalables, car l’électricité est un élément crucial du processus. Solar Foods a déjà obtenu un premier tour d’investissement de 5,5 millions d’euros pour poursuivre le développement et pour la commercialisation.

 

Les scientifiques se tournent de plus en plus souvent vers les aliments synthétiques pour faire face aux problèmes climatiques et à la pénurie alimentaire croissante. L’agriculture telle que nous la connaissons aujourd’hui est un facteur important dans la crise climatique actuelle, conclut le chercheur George Monbiot dans le documentaire Apocalypse Cow. Nous évoluons donc vers une alimentation « non produite dans les fermes », surtout si d’ici 2035 les aliments de synthèse sont effectivement dix fois plus efficaces que la photosynthèse et dix fois moins chers que les aliments d’origine animale.