Les voyages et l’alimentation portent la croissance de l’e-commerce belge, mais...

Les voyages et l’alimentation portent la croissance de l’e-commerce belge, mais...
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Le premier semestre 2021 a été marqué par une nouvelle augmentation significative des dépenses en ligne en Belgique. Avec le retour à la normale, l’événementiel et les voyages enregistrent une forte reprise alors que les dépenses alimentaires sont également en hausse. Néanmoins, la croissance ralentit dans la livraison de colis. 

 

Voyages et événements

Au total, les Belges ont dépensé 5,56 milliards d’euros en ligne au cours du premier semestre de cette année, soit une augmentation considérable par rapport aux 5,1 milliards du premier semestre de l’année dernière. C’est ce qui ressort du Market Monitor de BeCommerce.

 

« La pandémie et la fermeture des magasins physiques qui l’a accompagnée ont donné un coup de fouet aux achats en ligne », explique Sofie Geeroms, directrice de BeCommerce. « Il est intéressant de noter que cette tendance se poursuit alors que nous revenons peu à peu à la normale. C’est ainsi qu’au cours du dernier trimestre, 37% de l’ensemble des dépenses en ligne concernaient les services, comme le voyage et les événements. » Lourdement affectée par les restrictions sanitaires, cette catégorie est en train de sortir la tête de l’eau. Les trois catégories les plus populaires restent donc inchangées : billets d’avion, billets pour attractions et événements, et voyages à forfait.

 

L’alimentation en hausse, mais sa part reste réduite

La catégorie Food/Nearfood (produits alimentaires, articles de ménage, aliments pour animaux...) a vu ses ventes en ligne progresser de 51% au deuxième trimestre par rapport à la même période de l’année dernière. Sa part dans les dépenses a ainsi doublé, passant de 2% en 2020 à 4% aujourd’hui. Sofie Geeroms y voit ici un important potentiel de croissance : « En comparaison avec d’autres pays européens, la distribution et les spécialistes en alimentation restent toujours un peu à la traîne. »

 

Si le fait de pouvoir commander de chez soi reste la motivation principale de ceux qui achètent en ligne, les frais de livraison constituent toujours le premier obstacle pour la moitié des consommateurs. Un quart des achats sont effectués avec le smartphone, qui reste surtout utilisé pour les petits achats et les achats impulsifs. Pour les achats les plus coûteux, le Belge privilégie l’ordinateur de bureau et surtout l’ordinateur portable (38% des achats en ligne).

 

Bancontact reste le moyen de paiement le plus populaire, avec quatre dépenses en ligne sur dix. La carte de crédit arrive en deuxième position et constitue toujours le premier choix des consommateurs pour les achats plus coûteux. En troisième position, on trouve PayPal, qui prend à son compte un dixième des dépenses en ligne. Un acheteur sur trois a utilisé PayPal au moins une fois au cours du dernier trimestre.

 

Fin de la croissance explosive

Les chiffres de BeCommerce sont nuancés par les entreprises de livraison de colis : elles constatent que le grand rush de l’année 2020 est désormais terminé. « Les volumes restent encore légèrement plus élevés qu’en 2019, la dernière année avant la pandémie, mais on n’enregistre plus d’explosion comme en 2020, avec des taux de croissance à deux chiffres », a déclaré Frank Jahn (DPD Belux) dans De Standaard. Bpost reste sur un été morose et tablait sur une croissance plus soutenue, PostNL seule déclare que les taux de croissance restent stables.

 

Cette évolution n’est pas illogique : les consommateurs qui faisaient presque tous leurs achats en ligne pendant les confinements ont depuis redécouvert les magasins physiques. En outre, ils dépensent à nouveau dans l’horeca et les événements. Le chiffre d’affaires de l’e-commerce devrait repartir à la hausse à l’automne, sous l’effet de la période de Noël et de campagnes comme le Black Friday et la Fête des célibataires.

 

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