Confinement : comment supprimer la gamme non essentielle ?

Confinement : comment supprimer la gamme non essentielle ?
Photo: Dutchmen Photography / Shutterstock.com

Les magasins qui peuvent rester ouverts pendant le confinement ne sont pas autorisés à vendre des produits qui ne sont pas considérés comme essentiels. Mais, en pratique, comment faire ? Pour des chaînes telles qu’ActionCarrefour et Kruidvat , la tâche est titanesque.

 

Fermeture prolongée aujourd’hui

Afin d'éviter toute concurrence déloyale avec les magasins qui doivent fermer pendant le confinement, les magasins ne pourront vendre que les produits repris dans la liste des produits essentiels au cours des six prochaines semaines. Ils peuvent par exemple continuer à vendre du fil à tricoter et des livres, mais pas des appareils électroménagers ou du mobilier. 


Si vous êtes un one-stop-shop qui vend de tout, comme les hypermarchés Carrefour ou le discounter Action, mieux vaut vous mettre au travail. Les rayons doivent être vidés ou barricadés, les clients ne doivent en aucun cas pouvoir acheter des articles « interdits ». Comme pour la précédente interdiction de la vente d'alcool après 20 heures, il s'agit à nouveau d’un effort supplémentaire, d'un sujet de discussion et d'une potentielle source de conflit entre les clients mécontents et les employés.


Afin de pouvoir se préparer au mieux, plusieurs chaînes resteront fermées aujourd'hui (2 novembre). Tout comme Kruidvat, Action étudie les possibilités d’une réouverture « prochaine », uniquement avec les produits essentiels, rapporte De Standaard. « Après le week-end chargé, nous devons réapprovisionner les rayons. Nous réfléchissons également à ce que nous allons faire des produits non essentiels : les sortir du magasin ou les cacher derrière des bandes de plastique noir ? », explique le PDG belge, Bert Verhoef, à De Standaard. Il estime toutefois que 80% de la gamme pourra être maintenue.

 

La France suit l’exemple de la Belgique

Les hypermarchés Carrefour, mais aussi les supermarchés ordinaires, ont beaucoup de travail devant eux. Ils doivent notamment retirer les jouets qui inondent déjà les rayons pour la Saint-Nicolas. La formule espère « quelques jours de répit » pour pouvoir faire le nécessaire, rapporte Het Belang van Limburg.


Et Carrefour prévoit la même chose en France, son pays d’origine : dimanche, le France a décidé de suivre l'exemple belge et d'interdire aux supermarchés de vendre des produits non essentiels pendant le confinement national. Le gouvernement espère ainsi éviter une forte pression pour la réouverture des magasins.

 

Au Conseil d’État

Comme en Belgique, la fermeture obligatoire en France fait l’objet de contestation. Les magasins de jouets et les fleuristes ont déjà annoncé qu’ils déposeraient un recours devant le Conseil d'État contre leur fermeture et les magasins pour enfants ont envoyé une lettre ouverte au ministre compétent pour demander une révision des mesures de fermeture. En Belgique, les organisations commerciales déclarent recevoir de nombreuses questions, y compris de la part des magasins autorisés à rester ouverts. 


« Les fleuristes peuvent ouvrir, mais que vont-ils vendre si tous les autres magasins seront fermés ? », se demande Christine Mattheeuws du SNI. C'est une question qui se pose peut-être encore plus dans les centres commerciaux que dans les magasins des centres-villes : qui ira dans un centre commercial à moitié fermé ? Le centre commercial de Wijnegem fait l’essai et reste « ouvert » : le bâtiment reste accessible (pour l'instant). Le centre commercial veut se concentrer sur les initiatives click&collect : tous les détaillants peuvent proposer des services de collecte et de livraison, et les détaillants alimentaires peuvent continuer à faire leur travail.