Le gouvernement belge souhaite réduire de près d’un quart le budget de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA). Cette décision suscite de nombreuses réactions négatives dans le secteur alimentaire.
« Le gouvernement prépare la prochaine crise alimentaire »
De nombreux acteurs s’inquiètent de la décision du gouvernement de réduire le budget de l’AFSCA de 24 % d’ici 2029. Cette année, l’économie devrait déjà atteindre 13 %. On ne sait pas encore clairement où et comment ces économies devront être réalisées. L’agence alimentaire a été créée après la crise de la dioxine afin de surveiller de manière structurelle et proactive la sécurité alimentaire en Belgique. Ce système solide, qui jouit d’une grande confiance, est désormais menacé, craignent plusieurs organisations représentatives du secteur alimentaire.
L’organisation de consommateurs Testachats souligne que l’agence a déjà perdu plus de 36 millions d’euros de ressources depuis 2014 et demande que la décision soit annulée dans l’intérêt de la santé publique. Le moment est d’ailleurs mal choisi, alors que la Commission européenne prévoit dans son accord avec le Mercosur de renforcer les contrôles sur les importations sud-américaines : « Si les ressources limitées de l’Agence sont consacrées à ces contrôles renforcés des importations, cela se fera inévitablement au détriment des contrôles nationaux dans les supermarchés, les restaurants et chez les producteurs », déclare Laura Clays, porte-parole. « Le gouvernement est donc en train d’organiser de ses propres mains la prochaine crise alimentaire. »
« Un retour en arrière »
Selon le Boerenbond (syndicat agricole), cette décision est également en contradiction avec la communication faite en début de semaine concernant le renforcement, si nécessaire, des contrôles sur les produits importés des pays du Mercosur. « Le contrôle de la sécurité alimentaire par l’AFSCA est non seulement crucial pour les produits importés, mais aussi pour l’exportation de nos produits agricoles en cas de pression sanitaire, comme dans le cas de la viande de porc, où l’AFSCA joue un rôle important », déclare l’organisation.
La Fevia, la fédération des entreprises alimentaires belges, s’étonne : « Ces économies s’ajoutent à celles déjà réalisées ces dernières années et ont déjà conduit à une rationalisation du fonctionnement de l’AFSCA, tout en préservant les missions fondamentales de l’Agence. Ces nouvelles économies risquent toutefois de compromettre la mission fondamentale de l’AFSCA. Fevia tient à souligner que la santé publique ne doit pas être compromise et que le consommateur belge doit bénéficier d’une protection optimale en matière de sécurité alimentaire. »
« Nous faisons un pas en arrière, ce qui est inacceptable », estiment également l’Unizo et Horeca Vlaanderen. « Si nous continuons à faire des économies, nous ramènerons l’AFSCA à l’ancien système de contrôle a posteriori. Cela entraînera plus de paperasse, plus de discussions et surtout plus d’erreurs, sans que notre alimentation n’en devienne plus sûre. »


