Singapour autorise la viande in-vitro

Singapour autorise la viande in-vitro
Photo: Pixabay

Singapour est le premier pays au monde à donner le feu vert à la production commerciale de viande in-vitro. Une start-up américaine va fabriquer des nuggets de poulet pour les restaurants, mais sans véritable poulet.

 

De 90% à 70% d'importation

Grande première pour Singapour : la cité-État devient le premier pays à approuver la vente commerciale de viande in-vitro. L'agence alimentaire du pays a annoncé estimer que le poulet in-vitro de la start-up Eat Just, basée à San Francisco, répond aux normes de sécurité et peut être utilisé pour la production de nuggets de poulet. 


Cette approbation est une étape importante pour l'industrie de la viande in-vitro, qui commence à toucher du doigt une percée commerciale. La viande in-vitro, ou viande de laboratoire, ne nécessitant ni élevage ni abattage des animaux, elle constitue, selon ses partisans, une alternative écologique à l'élevage traditionnel. En outre, elle s’accompagne d’avantages éthiques.


Pour Singapour, c’est une alternative particulièrement intéressante car la petite île importe actuellement 90% de ses produits alimentaires, mais entend devenir auto-suffisante à 30% d'ici à 2030. Pour y parvenir, la cité-État veut se concentrer sur les nouvelles technologies, comme l'agriculture verticale, la culture hydroponique et, désormais, la viande in-vitro.

 

Encore de nombreux défis

Le producteur Eat Just (anciennement Hampton Creek et JUST) déclare avoir déjà conclu des partenariats avec des fabricants locaux dans le pays pour cultiver des cellules de poulet et développer le produit final, qui sera d’abord commercialisé dans les restaurants. L'entreprise veut également demander une licence pour commercialiser des filets.


Il reste malgré tout de nombreux obstacles. Le premier est le défi de produire une viande in-vitro 100% respectueuse du bien-être animal. Si les cellules utilisées sont issues de la biopsie d'un poulet vivant et si les nutriments pour les cellules sont d'origine végétale, un sérum prélevé sur des fœtus bovins est encore nécessaire à la production. 

 

Un exemple pour le reste du monde

En outre, Eat Just a fait l’objet d’une controverse par le passé car il aurait gonflé artificiellement la demande, et la viande in-vitro a encore une mauvaise image. Le principal obstacle reste cependant le prix : en 2019, le coût de production estimé était de 50 dollars par nugget de poulet. Même si les prix devraient désormais diminuer, le poulet in-vitro restera probablement un produit encore très exclusif dans les premières années.


Néanmoins, le marché test de Singapour peut s’avérer être une grande opportunité pour travailler sur ces défis et ouvrir la porte à d'autres homologations, car les tests de sécurité et leurs résultats seront suivis de près dans le monde entier. Un lancement commercial réussi dans le pays pourrait contribuer à convaincre les autorités de régulation du monde entier que la viande in-vitro est sans danger, selon l'agence de recherche IDTechEx.