Huit candidats se disputent la reprise de Hema

Huit candidats se disputent la reprise de Hema
Photo : sylv1rob1 / Shutterstock.com

Hema peut s’attendre à recevoir une offre reprise de la part de huit candidats. Parmi ceux-ci figurent deux retailers, Blokker et Ahold Delhaize, au moins deux groupes d’investisseurs, ainsi que deux « initiatives citoyennes » lancées par des fans de la marque.

 

Trois types de candidats

Lundi, débute la première phase d’offre pour la vente de Hema : les acheteurs intéressés doivent maintenant se faire connaître et traduire leur intérêt par l’émission d’une offre. Un total de 8 potentiels repreneurs ont l’intention de participer, rapporte The Telegraph. À l’origine, ils étaient plus de 50 à s’être manifestés. Les candidats encore en lice peuvent être divisés en trois groupes : les détaillants, les acteurs financiers et un dernier groupe assez étonnant formés par des « fans » de la chaîne de grands magasins. 


L’intérêt des groupes d’investisseurs Parcom et Flacks était déjà connu depuis un certain temps. Ce dernier, un investisseur privé américain, n’aurait pas uniquement jeté son dévolu sur Hema, mais bien sur le commerce de détail européen en général. Pour Flacks, Beter Bed et Blokker constitueraient également de possibles proies pour une reprise.

 

« La combinaison parfaite »

Le propriétaire de Blokker, Mirage Retail, dirigé par l’entrepreneur néerlandais, Michiel Witteveen, est pourtant lui aussi candidat à la reprise pour Hema. En cas d’acquisition, Witteveen espère réduire de moitié la montagne de dettes de la chaîne en concertation avec les créanciers. Pour Cor Molenaar, professeur en retail, il existe des possibilités de synergie entre Hema, Blokker et Intertoys.


Les experts en commerce de détail, Kitty Koelemeijer et Jorg Snoeck, fondateur de RetailDetail, misent davantage sur une acquisition de la chaîne par Ahold Delhaize. Une alliance avec le non-alimentaire serait intéressante et permettrait en même temps de mettre un terme à la collaboration croissante entre Hema et le rival de Albert Heijn, Jumbo. En outre, grâce à Hema, Albert Heijn aurait ainsi accès à une trentaine de sites supplémentaires en Belgique, lui garantissant une expansion rapide de sa chaîne.


La chaîne de supermarchés souhaite effectivement atteindre le nombre de 100 succursales en Belgique. En transformant les grands magasins Hema moins performants en supermarchés, « Albert Heijn pourrait aussi s’étendre à Bruxelles et à la Wallonie », affirme Jorg Snoeck à RTL News. Les succursales pourraient également servir de points de collecte pour Bol.com, qui sera également lancé en Belgique francophone à partir de la fin août. Pour le fondateur de RetailDetail il s’agit de la combinaison parfaite.

 

Reprise de Hema par ses fans

Deux autres candidats, pour le moins étonnants, sont les initiatives citoyennes HoudeHema et WeLoveHema. Toutes deux ont été fondées par des clients, des employés et d’anciens employés de la chaîne de grands magasins pour acheter eux-mêmes les actions de l’entreprise et ainsi la libérer de ses créanciers. Ils n’arriveront cependant pas à reprendre eux-mêmes l’ensemble des dettes, c’est pourquoi ils unissent maintenant leurs forces et envoient un plan aux créanciers. Ils espèrent obtenir au moins une participation minoritaire.


« La semaine prochaine, nous enverrons notre plan avec calculs à la direction de Hema ainsi qu’aux 8 créanciers de la chaîne de magasins. C’est une offre qu’ils ne peuvent pas ignorer », déclarent-ils dans une lettre. « Si les propriétaires des surfaces commerciales, les particuliers un peu plus fortunés, les franchisés et les fournisseurs participent également, il est possible d’acquérir Hema de manière conjointe tout en permettant une réduction importante de ses dettes » poursuivent-ils encore. 10.000 personnes se seraient déjà inscrites, mais les initiateurs pensent pouvoir réunir jusqu’à 400 000 Néerlandais.


Les autres soumissionnaires ne sont en revanche pas encore connus. Enfin, l’ancien propriétaire de la chaîne, Marcel Boekhoorn, a déjà déclaré ne pas vouloir abandonner si vite et avoir l’intention de tenter de retrouver sa place lors des négociations. Il est également possible que Jumbo tente sa chance, maintenant que l’un de ses concurrents, Ahold Delhaize, est entré en lice.