Sears demande la faillite

La chaîne de grands magasins américaine Sears a demandé la faillite. Toutefois le tribunal de New York lui a accordé une protection contre ses créanciers, ce qui permettrait éventuellement une relance des activités.

 

'The Original Everything Store'

La célèbre enseigne américaine Sears dépose le bilan après plus d'un siècle d'existence. Dès le départ ce prédécesseur physique d'Amazon, qualifié d'Original Everything Store par le New York Times,vendait en effet de tout : vêtements, jouets, voire même des pierres tombales. Vendeur de cataloques à ses débuts en 1886, Sears a d'abord tiré profit de l'émergence du marché de consommation et ensuite de la prosporité de la  classe moyenne de l'après-guerre.

 

Mais dépuis la montée du e-commerce, la chaîne, aux mains de l'investisseur Edward Lampert depuis 1995, a très vite périclité. Durant cette dernière décennie, Lampert a cédé bon nombre de propriétés rentables de l'entreprise, notamment des noms de marque et des biens immobiliers. Ceci a entraîné un long et pénible déclin de l'enseigne. En dix ans le nombre d'employés a chuté de 302.000 à 68.000. Plus de 1000 magasins ont déjà fermé leurs portes et aujourd'hui il n'en reste plus que 700, mais 142 fermetures supplémentaires sont déjà programmées. Ces cinq dernières années Sears a accumulé 5,8 milliards de dollars (5 milliards d'euros) de pertes. Dans le dossier déposé auprès du tribunal, l'entreprise a déclaré 11,3 milliards de dollars (9,7 milliards d'euros) de dettes et 7 milliards de dollars (6 milliards d'euros) d'actifs.


Le propriétaire croit encore à l'avenir

Selon le plan de réorganisation, qui accompagne la demande de faillite, Sears aurait obtenu un nouveau prêt de 300 millions de dollars (près de 260 millions d'euros) auprès de Wall Street, afin d'assurer les stocks et le paiement des employés au moins jusqu'après la période des fêtes. En outre, un prêt supplémentaire de 300 millions de dollars serait en cours de négociation auprès d'ESL Investments, le fonds d'investissement de Lampert. "ESL a investi du temps et de l'argent dans Sears, parce que nous croyons que l'entreprise  a un avenir" explique le CEO et actionnaire majoritaire. Lampert démissionne de son poste de CEO et confie ses tâches quotidiennes à un triumvirat de dirigeants haut placés de l'entreprise. Neanmoins il restera président du conseil d'administration.


Ce dépôt de bilan intervient maintenant parce que l'entreprise aurait dû rembourser aujourd'hui un emprunt de 134 millions de dollars (115 millions d'euros). L'avenir de Sears inquiète également bon nombre d'autres retailers américains, car Sears demeure le pôle d'attraction dans bon nombre de centres commerciaux.