Les soldes d’hiver ayant été décevants pour la plupart des commerçants en Belgique, les ministres compétents David Clarinval et Eléonore Simonet ont décidé que les commerçants pourront poursuivre leurs promotions en février.
Une bouffée d’oxygène
La période des soldes, qui se termine samedi, a été exceptionnellement mauvaise cette année, avec une baisse moyenne du chiffre d’affaires de 28 %, selon la fédération du commerce Comeos. Dix jours de neige, de grèves et de manifestations ont éloigné les consommateurs des magasins. De nombreux commerçants ont donc demandé la prolongation des soldes. Une prolongation légale s’est avérée impossible, mais les ministres compétents David Clarinval et Eléonore Simonet reconnaissent la situation et accordent un répit : les commerçants peuvent poursuivre leurs promotions en février.
Toutefois, cela ne peut se faire sous le nom de « soldes » : la date de fin des soldes d’hiver est en effet fixée par la loi et ne peut être prolongée. Les remises ordinaires sont toutefois autorisées, afin que les commerçants puissent tout de même écouler leurs stocks et renforcer leur trésorerie. Le CEO de Comeos, Pascal De Greef, se montre satisfait : « Toute forme de flexibilité est cruciale pour maintenir notre compétitivité. Nous souhaitons poursuivre le dialogue afin de mieux faire face à des situations exceptionnelles à l’avenir. »
Couverture médiatique négative
Selon les chiffres de Mode Unie, les détaillants de mode indépendants ont vu leurs ventes baisser de 8 % en moyenne pendant cette période de soldes. 61 % des commerçants ont vendu moins, 22 % ont vendu autant et 17 % ont déclaré avoir vendu plus que pendant la même période l’année dernière.
« La neige a retenu les consommateurs chez eux pendant les premiers jours des soldes et, après la fonte des neiges, nous avons dû faire face à la pluie et à des températures hivernales particulièrement douces », explique la directrice Isolde Delanghe. « Comme lors des précédentes soldes d’hiver, nous constatons que la couverture médiatique négative de l’actualité mondiale effraie les clients. Cela les incite à économiser plutôt qu’à dépenser. »
Des attentes positives
Pourtant, tous les commerçants ne se retrouvent pas avec des stocks importants. Lors de l’achat de la collection hiver 2025, 62,8 % des commerçants ont indiqué avoir acheté moins de stocks que pour la saison hivernale 2024. En moyenne, les détaillants de mode ont acheté 12,3 % de moins pour cette saison hivernale par rapport à la saison hivernale 2024. Pour l’hiver 2026 également, les détaillants indiquent avoir acheté en moyenne 9,6 % de moins.
Pour les ventes du printemps et de l’été à venir, plus de la moitié des détaillants de mode (57,7 %) s’attendent à un chiffre d’affaires identique à celui de 2025. « Les consommateurs en ont assez du temps maussade et des nouvelles négatives. Ils aspirent à des journées plus longues pour pouvoir faire leurs achats dans la bonne humeur avec les collections printanières colorées », explique M. Delanghe.
Les grandes villes obtiennent de meilleurs résultats
Les soldes montrent que le fossé entre les grandes villes et les centres commerciaux locaux se creuse. À Anvers, Gand et Bruxelles, les détaillants sont satisfaits. « Anvers est connue depuis longtemps comme la ville de la mode. Les campagnes de shopping portent également leurs fruits et attirent de nombreux touristes. De plus, tout est à proximité. La ville va ainsi à l’encontre de la tendance générale », réagit Nico Volckeryck du Syndicat neutre des indépendants (NSZ) dans le Gazet Van Antwerpen.
« Les commerçants de la ville profitent de l’économie de l’expérience. Alors que les magasins locaux sont souvent victimes de la concurrence numérique, du sentiment qu’il y a des soldes toute l’année et d’une consommation prudente. Nous appelons une nouvelle fois le ministre compétent à examiner si les soldes sous leur forme actuelle constituent la meilleure option. Une étude approfondie doit être menée à ce sujet. »


