Le secteur des supermarchés a clôturé l’année 2025 avec un niveau de concurrence sans précédent. Selon Erik Hemmes, spécialiste de l’alimentation qui visite chaque semaine des dizaines de magasins aux Pays-Bas, la professionnalisation continue de progresser, tout comme la férocité : « Il n’y a plus de formules faibles. »
Un deuxième Jan Linders ?
La pression concurrentielle dans le secteur néerlandais de la distribution alimentaire est structurellement élevée, mais selon Erik Hemmes, l’année 2025 a surtout montré à quel point le marché est concentré. Albert Heijn reste l’acteur dominant. Jumbo suit, mais stagne quelque peu et cherche surtout à regagner le peu de parts de marché qu’il a perdues.
Derrière, le marché continue de se consolider. Lidl détient environ 11,5 % de parts de marché et se développe de plus en plus comme le supermarché principal pour les clients, Plus détient 9,5 % après la fusion avec Coop, et Aldi environ 5,6 %. Les petits acteurs régionaux opèrent de plus en plus souvent via des alliances d’achat telles que Superunie. Hemmes souligne que cette échelle est devenue cruciale : « Il faut investir de plus en plus dans la logistique, l’informatique, l’IA et les retail médias. Beaucoup d’acteurs sont tout simplement trop petits pour cela. »
Pour Hemmes, l’un des événements les plus marquants de ces dernières années reste la collaboration entre Albert Heijn et Jan Linders. Cette chaîne indépendante a cédé ses quelque 70 magasins à Albert Heijn, mais a continué à assurer elle-même la gestion opérationnelle. « C’est tout à fait exceptionnel. Du jamais vu et sans précédent à ce jour. Mais 2026 pourrait bien changer la donne. »
En effet, cette année sera marquée par une nouvelle augmentation d’échelle et un repositionnement stratégique qui semblent inévitables. En 2026, le spécialiste du retail Erik Hemmes continuera donc à guider les détaillants belges à travers le meilleur du monde des supermarchés néerlandais avec The Buzz.
Un quart du chiffre d’affaires provient des promotions
En 2025, la part des promotions est restée exceptionnellement élevée. Hemmes souligne que pas moins d’un quart du chiffre d’affaires provient des promotions, avec des pics atteignant 60 à 70 % dans des catégories telles que les détergents et les articles en papier. « La fixation des prix des articles dans les magasins est tout simplement adaptée à cette situation. »
Cette pression promotionnelle agressive entraîne des tensions croissantes avec les fabricants. Hemmes critique ouvertement le retrait temporaire des marques des rayons en cas de litiges sur les prix. « Je trouve que c’est un argument extrêmement faible – de la part de n’importe quelle organisation – que de dire au client : je vais retirer ces produits. » Selon lui, les détaillants perdent ainsi non seulement de l’argent, mais aussi la confiance des consommateurs.
Albert Heijn comme référence
Hemmes ne s’attend pas à des révolutions avant 2026, mais plutôt à une concentration accrue. Selon lui, les entreprises familiales régionales restent des candidats potentiels à une acquisition. « En matière de fusions, les possibilités de combinaisons ne sont pas encore épuisées. » Peut-être même avec Jumbo, qui, malgré ses troubles internes, pourrait encore être racheté : « Si l’on regarde l’histoire, ils ont prouvé qu’ils pouvaient faire plusieurs choses à la fois. » Hemmes esquisse même des scénarios dans lesquels Jumbo et Plus pourraient former ensemble une organisation d’achat représentant près de 30 % de part de marché.
Selon Hemmes, la nouvelle direction d’Albert Heijn ne provoquera pas non plus de rupture : « La ligne de conduite est claire et Albert Heijn reste très rentable, c’est le plus important. » Le leader du marché reste ainsi la référence pour l’ensemble du secteur, notamment en matière de données et de médias de détail. La chaîne prévoit de tirer jusqu’à 1 milliard d’euros de revenus des retail médias dans les cinq prochaines années.
« La fréquence à laquelle je suis confronté à ces médias en tant que client est parfois un peu élevée », remarque Hemmes, mais les concurrents sont contraints de suivre. « Tout le monde pense : si Albert Heijn peut le faire, alors nous devons le faire aussi. »
« Le métier ne fait que devenir plus difficile »
La conclusion de Hemmes est claire : le secteur néerlandais de la grande distribution est arrivé à maturité, mais il est également impitoyable. « Le professionnalisme dans le monde de la grande distribution ne cesse de croître. » Cela rend le métier plus difficile, en particulier pour les petits acteurs.
La barre est de plus en plus haute dans tous les domaines. Alors qu’auparavant, la rénovation d’un magasin pouvait générer 15 % de chiffre d’affaires supplémentaire, aujourd’hui, 8 % est considéré comme un bon résultat. « Cela montre à quel point la tension est forte sur le marché. Diriger un supermarché est un travail vraiment difficile. »
En 2026, cette pression ne diminuera pas. Au contraire, l’échelle, les données et la capacité d’investissement deviendront de plus en plus déterminantes. Pour ceux qui ne peuvent pas suivre, il ne restera finalement qu’une seule option : s’adapter ou disparaître.
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