Les grandes marques craignent un jeu de chaises musicales dans les alliances d'achat

Les grandes marques craignent un jeu de chaises musicales dans les alliances d'achat
RetailDetail

Avec l'effondrement de l'alliance AgeCore, un grand jeu de chaises musicales est imminent dans le foodretail. Les producteurs de produits de marques craignent qu'il ne favorise la propagation de pratiques commerciales déloyales dans l'UE.

 

« Un nouveau phénomène dans le retail européen »

Ces derniers jours, le leader du marché allemand Edeka et la chaîne de supermarchés française Intermarché ont tous deux annoncé leur départ de l'alliance AgeCore. Cette alliance dont font également partie ColruytConadCoop et Eroski a régulièrement fait l’actualité entre 2018 et 2020 par ses actions de boycott de grandes multinationales comme NestléMarsPepsiCo et Coca-Cola.

 

Mais le fait que la pérennité de l'organisation soit désormais menacée n'est pas nécessairement synonyme de bonne nouvelle, craint l'AIM, l'association européenne des industries de marques. Comme les membres d'AgeCore formeront des alliances ailleurs, le risque existe que leurs pratiques commerciales se généralisent dans toute l'Europe.
 

« Le départ d'Edeka pour Everestune nouvelle alliance basée aux Pays-Bas où elle rejoint le supermarché en ligne Picnic, crée un tout nouveau phénomène dans le commerce de détail européen, avec le risque que des abus se propagent dans les rayons physiques et en ligne », a déclaré Michelle Gibbons, directrice générale de l'AIM. « Ce jeu de chaises musicales des retailers qui changent d'alliance permet de se demander comment ou même si ces partenariats sont vraiment réglementés et quel est le but réel de ces mouvements. Où en est la Commission européenne avec son enquête lancée en 2019 sur l'échange d'informations commerciales entre les membres de ces alliances ? »
 

Selon l'AIM, les alliances comme AgeCore ne sont pas de véritables groupements d'achat, mais agissent comme des gardiens du temple sur le marché européen du retail. Des pratiques comme l'arrêt des commandes et le retrait des rayons de marques qui ne paient pas ont pour effet de réduire la concurrence, poursuit l'AIM, ce qui réduit en fin de compte le choix proposé aux consommateurs.