La fédération du commerce Comeos et plusieurs de ses membres font appel auprès du Conseil d’État contre la nouvelle taxe liégeoise sur les caisses à libre-service : « Le commerce n’est pas une vache à lait », déclare le CEO Pascal De Greef.
« Les caisses en libre-service ne détruisent pas d’emplois »
En octobre, la ville de Liège a annoncé qu’elle allait prélever une taxe de 519 euros par appareil et par an sur les caisses en libre-service, afin de protéger l’emploi et de soutenir les petits commerçants. Cette décision a suscité une vive indignation dans le secteur du commerce de détail. Comeos passe donc à l’action. « Nous avons des objections juridiques très claires à l’encontre de cette mesure et sommes convaincus que le Conseil d’État annulera le règlement », déclare M. De Greef. « Cette taxe pénalise les entreprises qui investissent dans des expériences d’achat modernes et orientées vers le client. »
La ville de Liège justifie cette taxe notamment par des références à l’emploi, mais selon Comeos, cet argument ne tient pas la route. Les caisses à scanner automatique ne remplacent pas les emplois : le personnel reste présent et voit ses tâches évoluer vers l’accompagnement, la réponse aux questions, le réapprovisionnement, le contrôle qualité et l’hygiène. « Une caisse en libre-service n’est pas un destructeur d’emplois », souligne M. De Greef. « Elle modifie le travail : moins de tâches répétitives, plus de service et plus d’équilibre dans le travail. C’est une bonne chose pour le client et pour les employés. »
Une tendance plus large
De plus, il y a actuellement plus de 24 000 postes vacants dans le commerce belge. Selon Comeos, il est difficile de comprendre qu’une ville avec un taux d’emploi d’à peine 55 % impose des taxes supplémentaires sur les investissements qui rendent le secteur plus efficace et plus attractif.
La fédération met en garde contre une tendance plus large qui voit les administrations locales introduire de plus en plus de taxes spécifiques qui touchent principalement le commerce. « Le commerce n’est pas une vache à lait. Notre secteur emploie des centaines de milliers de personnes et contribue de manière substantielle à l’économie. Pour continuer à jouer ce rôle, nous devons pouvoir continuer à investir et à innover, et non être pénalisés. »
Comeos appelle les villes et les communes à ne pas suivre cet exemple et à opter pour une politique fiscale tournée vers l’avenir qui soutient l’innovation au lieu de la freiner.


