À partir de cette semaine, Albert Heijn équipe ses agents de sécurité de caméras corporelles, dans un premier temps dans quatre supermarchés de Rotterdam et d’Amsterdam. Le projet pilote est controversé, mais selon la chaîne de supermarchés, il est inévitable en raison de la montée de la violence à l’encontre du personnel en magasin.
Des milliers de signalements par an
Selon ses propres dires, Albert Heijn reçoit chaque année des milliers de signalements d’employés victimes d’insultes, de menaces ou de violences physiques. Sonja Boelhouwer, directrice des magasins et de la logistique chez Albert Heijn, qualifie la situation de « très préoccupante » dans le journal AD.
Les caméras corporelles seront portées exclusivement par des agents de sécurité externes. « C’est un choix délibéré. C’est leur métier et ils ont été formés pour cela. Les agents de sécurité ont également suivi une formation spécifique pour l’utilisation des caméras corporelles », explique Boelhouwer. Les caméras ne sont activées qu’en cas d’incident et leur utilisation est explicitement annoncée. De plus, grâce à un petit écran, les fauteurs de troubles peuvent voir ce qui est filmé, ce qui a souvent un effet apaisant.
Équilibre entre sécurité et vie privée
L’Autorité néerlandaise de protection des données (AP) met toutefois en garde : « L’utilisation de caméras corporelles a un impact important sur la vie privée et les libertés des clients. Elle ne doit être autorisée que dans des cas exceptionnels, lorsque la sécurité des employés ne peut être assurée par d’autres moyens », explique un porte-parole. Albert Heijn souligne que cette mesure s’inscrit dans le cadre des directives de l’AP. Les images sont automatiquement supprimées au bout de quatorze jours et ne sont accessibles qu’à un groupe restreint de personnes. En cas d’incidents graves, les images peuvent être remises à la police.
Si l’essai s’avère concluant, Albert Heijn étendra le nombre de magasins équipés de caméras corporelles – mais uniquement dans les établissements où des agents de sécurité externes sont présents. Un choix logique, selon Boelhouwer : « Les agents de sécurité sont formés pour gérer des situations délicates. Ils sont en mesure d’utiliser les caméras de manière appropriée sans aggraver l’atmosphère. »
Albert Heijn n’est pas le premier détaillant à utiliser des caméras corporelles. Le groupe de supermarchés Dirk avait déjà mené un essai similaire auparavant. Pourtant, c’est l’initiative d’Albert Heijn qui suscite le plus de controverse, compte tenu de l’envergure et de la notoriété de l’entreprise. En dehors du secteur alimentaire, H&M a lancé au Royaume-Uni un projet pilote avec des caméras corporelles pour les employés de ses magasins.
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