Près de vingt ans après le lancement d’Uplace par Bart Verhaeghe, le premier coup de pioche est donné pour son successeur, Broeklin. Au cours de ces vingt années, le monde du commerce de détail a également évolué. L’avenir du commerce de détail physique ne réside plus uniquement dans le simple achat fonctionnel, mais dans des destinations qui émerveillent.
D’Uplace à Broeklin
« Des lieux où les gens vivent une expérience, et c’est justement pour cela qu’ils y reviennent. En Asie et aux États-Unis, cela existe depuis longtemps. Pas encore chez nous. Il y a vingt ans déjà, je pensais que la Belgique méritait un tel lieu », sourit Bart Verhaeghe. « Aujourd’hui, nous commençons enfin à les construire, ici chez nous. » Broeklin vise une ouverture à l’automne 2029. Lors du Captains of Retail, le 16 septembre, les directeurs du retail auront déjà droit à un avant-goût exclusif.
Cet optimisme ne masque pas les nombreux obstacles que le projet a dû surmonter. Il semble en effet que les permis de construire soient particulièrement difficiles à obtenir en Belgique. « Apporter du changement, c’est difficile. Surtout quand on veut le faire dans l’immobilier dans ce pays. » Entre-temps, ce n’est pas seulement le nom qui a changé. Le concept a lui aussi évolué avec le temps.
« Nous avons eu tout le temps nécessaire pour mener des recherches très approfondies sur la manière de construire de manière durable aujourd’hui, avec quelles techniques et quels matériaux, et sur les habitudes de consommation des gens », explique Verhaeghe. « Nous mettons tout ce savoir à profit. Broeklin sera à la fois innovant et durable, tant au niveau du design, de l’expérience que de la consommation. »
Cela vaut le détour
« Dans l’immobilier, l’emplacement est primordial. C’est pourquoi, avec nos trois actionnaires, nous avons continué si longtemps à croire en cet endroit : à moins de vingt minutes se trouve un marché particulièrement intéressant, où se trouvent nos habitués. Mais notre ambition va plus loin. De nouveaux concepts de commerce, des loisirs, de la restauration pour tous les goûts, une salle de spectacle, des bureaux et un pôle d’innovation : on fait volontiers une heure de route par curiosité pour s’y rendre. Et ceux qui passent une bonne journée ici reviendront cette année-là. »
En matière d’offre également, Broeklin vise plus haut. Outre les enseignes classiques présentes dans de nombreux centres commerciaux et qui ont fait leurs preuves, le promoteur souhaite attirer des enseignes haut de gamme, de nouvelles marques et de nouveaux concepts. « Nous visons l’innovation, l’émerveillement. C’est d’ailleurs ce que nous faisons depuis vingt ans, et nous souhaitons vivement y associer les Flamands et les Belges. » Concrètement, le projet prévoit 55 000 m² de commerces, 12 500 m² dédiés aux loisirs et 11 000 m² consacrés à la restauration, ainsi qu’un hall événementiel pouvant accueillir 5 200 visiteurs.
« Le shopping fonctionnel appartient au passé »
Derrière Broeklin se cache également une vision affirmée du retail. Le commerce en ligne n’a pas rendu le magasin physique obsolète, affirme Verhaeghe, mais il en a changé la fonction. « Le shopping purement fonctionnel appartient un peu au passé. Aujourd’hui, on recherche une expérience globale. »
Le magasin devient ainsi de plus en plus un véritable magasin phare, mais aussi un argument marketing : un lieu où les consommateurs découvrent une marque et peuvent toucher, essayer et tester les produits. « Plus que jamais, le consommateur veut vivre des expériences, découvrir et être émerveillé. »
Dans cette logique, la technologie n’est pas une menace, mais un levier. Essayage virtuel, prise de mesures automatique, informations numériques sur les produits : « L’IA offrira de nombreuses possibilités pour améliorer le magasin physique, l’enrichir et le mettre davantage en valeur. Ainsi, le monde en ligne et hors ligne se confondent pour offrir une expérience en magasin améliorée. »
La persévérance paie
Ce long parcours n’a pas changé la vision de Verhaeghe sur l’entrepreneuriat, il l’a simplement confirmée. Broeklin est pour lui la preuve que la persévérance porte ses fruits. « Nous avons dû nous battre et lutter pendant longtemps », dit-il. « Quand ce sera enfin là, je pense que tout le monde dira probablement : pourquoi avons-nous dû attendre vingt ans pour cela ? »
Mais la persévérance seule ne suffit pas. Tout entrepreneur a besoin d’un plan solide et financièrement bien étayé, tout en conservant la flexibilité nécessaire pour s’adapter. « Il ne faut pas se contenter de rêver. Il faut créer quelque chose qui génère naturellement du chiffre d’affaires, sinon ça ne durera pas. »
Selon lui, une chose devrait être plus ambitieuse ici : l’ambition. « Quand je vois ce qui se fait à l’étranger, c’est plus grandiose, plus audacieux, plus risqué. Et ici, tout est juste un peu plus modeste. » Plus audacieux, mais pas pour autant plus téméraire : persévérer sans calcul n’a pas non plus mené Broeklin au succès. Son message, après près de deux décennies passées chez Uplace et Broeklin, reste donc simple : « Ne pas regarder en arrière. Regarder vers l’avenir. Continuer d’avancer de manière positive, avec du “drive”. »
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