« L’alliance Epic Partners prend les marques en otage »

« L’alliance Epic Partners prend les marques en otage »
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Les fabricants de produits marques dénoncent les agissements de l’alliance Epic Partners, récemment formée à l’initiative d’Edeka : elle abuserait de son pouvoir pour faire pression sur les fournisseurs.

 

Droits d’entrée

C’est l’AIM qui tire la sonnette d’alarme : selon l’association européenne des marques, la nouvelle alliance abuserait de son pouvoir pour fausser ainsi la concurrence. L’organisation fait référence à des pratiques qui rappellent la politique d’AgeCore jusqu’à récemment : cette alliance – dont fait aussi partie Colruyt – demandait des « droits d’entrée » aux fabricants et n’hésitait pas à faire pression sur les grandes multinationales en cessant temporairement de commander certains produits.

 

« Quand un retailer dispose du pouvoir commercial des membres d’Epic – qui peut prendre à son 20 à 30% de vos ventes sur certains marchés –, vous n’avez d’autre choix que de céder à des exigences qui ne sont pas seulement injustes : elles sont anticoncurrentielles et prennent votre entreprise en otage », a déclaré Michelle Gibbons, directrice générale de l’AIM.

 

Controverses

Epic Partners a été créée en août dernier par Edeka, un ancien membre d’AgeCore, qui a d’ailleurs placé l’ancien directeur d’AgeCore Gianluigi Ferrari à sa tête. Ses autres membres sont Magnit (numéro deux en Russie), ICA (numéro un en Suède), Jeronimo Martins (leader du marché en Pologne et numéro deux au Portugal), Migros (numéro un en Suisse) et le supermarché en ligne Picnic. Ensemble, ces retailers pèsent 142 milliards d’euros en achats.

 

Il n’est guère surprenant que le food-retail soit en proie à une grande agitation alors que tous les fabricants de marque annoncent de fortes hausses de prix. Par le biais d’alliances, les retailers veulent faire contrepoids à leurs principaux fournisseurs internationaux. Bien que parfaitement légales – le Parlement européen ne les considère pas comme une source de concurrence déloyale –, ces alliances de retailers restent très controversées : on leur prête parfois des pratiques de négociation douteuses. En France, E.Leclerc et Intermarché ont déjà dû répondre d’accusations d’abus de pouvoir devant les tribunaux.