Les retailers britanniques se constituent des stocks par crainte d’un Brexit ‘no-deal’

Les retailers britanniques, tels que Tesco et Marks & Spencer, se constituent des stocks de produits alimentaires européens non-périssables, par crainte qu’en cas de Brexit sans accord ils n’aient plus ou difficilement accès à ces produits.


Le Royaume-Uni fait des réserves

La fièvre du Brexit commence à monter au Royaume-Uni, en particulier chez les retailers et les enseignes de grande distribution. Tesco est en négociation avec ses fournisseurs en vue d’acheter des stocks plus importants et Marks & Spencer prévoit la création de son propre comité Brexit pour le stockage d’alimentation non-périssable.


Les deux retailers ont également annoncé publiquement qu’ils se constitueraient d’importants stocks de produits en vrac et de conserves. « Nous avons examiné le cycle de vie et la production des catégories de produits les plus importantes pour les clients  et nous avons des réunions avec tous les fournisseurs pour discuter de leur capacité de production, afin de voir s’ils ont des stocks et si nous pouvons les aider à stocker », explique Dave Lewis, CEO de Tesco, dans Retailgazette.


Risques de pénuries inévitables

Pour les produits frais par contre, impossible de constituer des stocks : « Nous ne pouvons faire de même pour les produits frais, c’est donc là qu’il y aura problème en cas de ‘no-deal’ », ajoute Lewis.


C’est un grand problème, estime Sainsbury’s, qui actuellement importe 30% de ses produits alimentaires d’Europe. Selon le CEO Mark Coupe, un Brexit sans accord pourrait entraîner d’énormes perturbations : « Aucune capacité de stockage ne pourrait diminuer ce risque, tout simplement parce que nous n’avons pas – ni le pays d’ailleurs – la capacité de stocker davantage que pour quelques jours. »


Choix difficiles et douaniers

Les supermarchés britanniques se voient contraints de stocker des produits non-périssables, afin d’éviter autant que possible en cas de Brexit sans accord les frictions aux frontières européennes, qui pourraient engendrer de sérieux retards dans les ports. Lidl pour sa part a déjà commencé à recruter des spécialistes en douane.


M&S aussi dit avoir fait des choix difficiles au sein de son comité Brexit : « Nous avons pris quelques produits supplémentaire non-périssables, mais notre food business est composé à 70% de frais et tout ce qui ralentit, engendrera des coûts et du gaspillage », commente l’enseigne.