Pourquoi le prix du chocolat doit augmenter

L’année dernière, les ventes de produits fairtrade ont augmenté de 10% par rapport à 2016 : la hausse a été particulièrement prononcée pour les produits à base de cacao (+45%). La part de marché reste néanmoins limitée.

 
Une accélération rapide

Ces quatre dernières années, les ventes mondiales de cacao issu du commerce équitable ont augmenté de 27% en moyenne. Plus de 136.000 tonnes de cacao équitable ont été achetées en 2016, une quantité record. En Belgique, cette hausse est encore plus frappante, selon Fairtrade Belgium.  Alors qu’il y a dix ans, seuls 24% des ménages belges achetaient des produits issus du commerce équitable, ils sont 69% aujourd’hui. Pour la quasi-totalité des acteurs du secteur engagés dans le commerce équitable, l’organisation a enregistré une croissance généralisée en termes de volume. Le succès d’acteurs historiques tels que Belvas, l’introduction de la marque Tony’s Chocolonely et les engagements accrus des retailers ont accéléré cette évolution positive. Carrefour utilise désormais le cacao équitable dans sa pâtisserie et Lidl dans l’ensemble de sa gamme ‘Fin Carré’.

 

Mais le défi reste énorme : aujourd’hui, les produits à base de cacao équitable atteignent à peine 1% de part de marché en Belgique. C’est pourquoi Fairtrade Belgium lance sa nouvelle campagne pour la Semaine du Commerce Equitable (du 3 au 13 octobre) avec le slogan « Combien de temps travaillez-vous pour 67 cents ? ». Il s’agit notamment du salaire journalier d’un producteur de cacao en Afrique de l’Ouest. La majorité des cultivateurs de cacao continuent de vivre dans des conditions d’extrême pauvreté, ce qui favorise la recrudescence du travail des enfants ainsi que la déforestation. La situation est particulièrement préoccupante en Côte d’Ivoire et au Ghana, deux pays qui produisent ensemble plus de 60% du cacao. « C’est une illusion que de vouloir leur garantir un revenu viable sans vouloir leur offrir de meilleurs prix. Nous devons oser mettre le sujet du prix sur table. Nous regrettons que ce sujet reste tabou pour de nombreux acteurs du secteur », déclare Nicolas Lambert, directeur de Fairtrade Belgium.