Des sacs à main de créateurs aux produits cosmétiques : la plateforme de vente d’occasion Vinted est confrontée à une vague d’annonces suspectes suite aux violentes émeutes et aux pillages qui ont eu lieu en France le week-end dernier. L’entreprise supprime en masse les annonces proposant des produits de luxe qui proviendraient vraisemblablement de magasins pillés.
Les produits de luxe refont surface
Au cours des émeutes, des milliers de magasins français ont été la cible de destructions et de pillages. Des images de pillages chez des marques de luxe telles que Louis Vuitton, Burberry et Celine circulent sur les réseaux sociaux. La chaîne de cosmétiques Sephora a confirmé que des manifestants avaient fait irruption dans plusieurs de ses magasins et a fini par fermer l’ensemble de ses points de vente.
Depuis lors, on observe sur Vinted un nombre remarquablement élevé d’annonces proposant des produits qui ressemblent fortement à la marchandise volée. « Nous constatons un pic évident dans les offres d’articles de luxe qui, en temps normal, n’apparaissent pas en si grand nombre sur notre plateforme », explique un porte-parole de Vinted. Sur la plateforme de vente française Leboncoin également, des annonces suspectes circulent, parfois même avec les étiquettes de sécurité encore apposées sur les produits.
Vinted renforce ses contrôles
Vinted souligne que la plateforme ne tolère pas le recel et dispose de mécanismes permettant de détecter les biens volés. « Nous avons immédiatement pris des mesures pour identifier et supprimer les annonces liées aux pillages », précise le porte-parole. « De plus, nous avons renforcé la surveillance des annonces suspectes et travaillons en étroite collaboration avec les autorités françaises. »
Quiconque enfreint les règles s’expose à une exclusion définitive de la plateforme. Il s’agit toutefois d’un jeu du chat et de la souris. « Tant qu’il y aura des personnes souhaitant vendre des biens volés, nous continuerons à intervenir », affirme-t-il.
Un problème croissant
Les événements survenus en France mettent ainsi de manière inattendue en lumière un problème plus large : la montée en puissance du recel en ligne via des plateformes telles que Vinted, eBay et Facebook Marketplace. Les criminels utilisent de plus en plus souvent ces canaux pour revendre des biens volés, souvent sous de faux prétextes. Comment les plateformes de vente d’occasion pourraient-elles en effet vérifier l’origine des millions de produits proposés par des particuliers ?
Pour la police aussi, il est difficile de suivre le rythme de ces pratiques, surtout lorsque les auteurs restent anonymes. La question fait néanmoins l’objet d’une attention politique. Le gouvernement français a convoqué aujourd’hui Amazon, eBay, Leboncoin, Meta, TikTok et Vinted : le ministre du Commerce, Serge Papin, exige que les plateformes suppriment immédiatement les annonces et demande aux entreprises de coopérer avec la police et la justice pour poursuivre les vendeurs.
Entre-temps, de nouveaux troubles menacent. Les « gilets jaunes » annoncent pour samedi 24 octobre une deuxième vague de manifestations contre le coût élevé de la vie. Le syndicat CGT et les organisations étudiantes prévoient également de nouvelles manifestations.
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