Un chemin laborieux vers la digitalisation pour Van de Velde

Andres Sarda catwalk

Le groupe de lingerie Van de Velde, qui détient notamment les marques Marie-Jo et Prima Donna, continue d’accumuler des coûts élevés. Néanmoins il faut serrer les dents, estime la CEO Marleen Vaesen, car la digitalisation est nécessaire et portera ses fruits.


Bénéfice brut en baisse de 33%

En 2018 le bénéfice brut a chuté de 33%, et ce alors que l’année auparavant il avait déjà reculé de 14%. En cause ? Les dépenses importantes de l’entreprise principalement dans le cadre de la digitalisation. Bien que l’an dernier le chiffre d’affaires ait également reculé de 1,8% à 205,2 millions d’euros, les analystes perçoivent néanmoins de timides signes de redressement – surtout au deuxième semestre.


Pour l’instant le pilule est amère, admet Marleen Vaesen, ex dirigeante chez Greenyard Foods et CEO de Van de Velde depuis décembre, mais à terme ces investissements porteront leurs fruits, souligne-telle : « Nous avons investi pour avancer dans la digitalisation et pour poser les bases d’une future croissance. »


Un mouvement de rattrapage s’imposait en effet, raison pour laquelle l’entreprise a décidé d’investir dans le marketing online, une meilleure infrastructure informatique et une nouvelle plateforme d’e-commerce. Pour ce faire le prédécesseur de Vaesen, Erwin Van Laethem, faisait appel à d’onéreux consultants, avec pour conséquence une hausse des frais de personnel de 16%, au grand mécontentement du propriétaire familiale Herman Van de Velde, ce qui finalement a entraîné la démission de Van Laethem.


Accord avec le fisc

Cette année les coûts resteront élevés, car divers projets sont encore en cours, avoue Vaesen. Toutefois la nouvelle CEO tente d’ores et déjà de réduire de futurs coûts, notamment en renonçant aux homeparties lancés récemment par Van de Velde en Allemagne. Les frais de cessation ont été pris en compte l’an dernier, tout comme les dépréciations sur les fournisseurs dans lesquels le groupe a pris une participation, notamment Noyon, un important fabricant de dentelles de Calais, qui à présent semble être  déficitaire.


Une note positive toutefois : Van de Velde a conclu un accord avec le fisc qui lui a permis de réduire ses impôts à 3,6 millions d’euros en 2018, soit 10 millions d’euros de moins qu’en 2017. Grâce à ses efforts continus en matière d’innovation, le groupe a en effet bénéficié d’un stimulus fiscal, qui accorde une diminution du taux d’imposition pour les revenus issus d’innovations. Ainsi au final le bénéfice net s’est établi à 25,5 millions d’euros. Cet accord, valable pour cinq ans, a notamment permis à Van de Velde de faire breveter les scanners 3D, utilisés dans ses boutiques Lincherie.