Pourquoi Colruyt gagne, tout en encaissant des coups

Malgré de bons résultats et une part de marché en hausse, l’action Colruyt est lourdement sanctionnée à la bourse. Mais le retailer n’a pas l’intention de changer sa stratégie pour autant.


Signal d’alarme

La baisse du cours de l’action est la plus importante depuis l’entrée en bourse du groupe en 1977, indique le journal De Tijd. Les investisseurs trouvent l’action beaucoup trop chère comparé à d’autres acteurs du secteur et craignent que Colruyt Group dans les années à venir subisse les conséquences d’une concurrence accrue sur le marché belge, notamment en raison de l’arrivée de Jumbo et des hautes ambitions exprimées par Ahold Delhaize. Les perspectives de croissance seraient limitées.


Pourtant les chiffres annuels étaient satisfaisants, avec une hausse tant du chiffre d’affaires que du bénéfice. En outre la part de marché a augmenté de 31,8% à 32,2%. Le chiffre d’affaires en ligne a atteint 350 millions d’euros, soit 5% des ventes totales (hors carburant). On pourrait donc croire que Colruyt est bien armé pour affronter n’importe quel concurrent, toutefois les observateurs estiment que la chute de la marge bénéficiaire de la division retail à 5,58% durant l’exercice écoulé, suite à des coûts logistiques et des frais de personnel en hausse, est un signal d’alarme. Précisons que ce chiffre reste un record mondial, mais les analystes s’inquiètent de la tendance descendante.


Investissements

Ce mercredi lors d’une présentation aux analystes le groupe a commenté ses chiffres annuels. Le retailer a confirmé que le marché belge resterait difficile, avec des volumes en baisse, une augmentation des achats frontaliers et une inflation des prix d 1,5%. L’activité promotionnelle demeurera intense, mais Colruyt n’a pas l’intention de changer sa stratégie sur le long terme. Le groupe continuera d’investir dans ses collaborateurs et ses magasins, même si les conditions de marché sont difficiles.


Colruyt va également augmenter ses investissements dans la communication marketing, l’automatisation et la digitalisation. Quant à l’expansion physique le retailer estime qu’il y a place pour 260 magasins Colruyt (aujourd’hui ils sont 243). Tous les magasins seront équipés d’étiquettes de prix électroniques pour une adaptation plus efficace des prix. Aux dires du groupe, en Belgique la chaîne serait toujours 8 à 10% meilleur marché que ses principaux concurrents. Mais cette présentation aux analystes n’a pas encore su convaincre le marché : le business se porte bien, mais le cours de l’action s’effrite.