Comme attendu, la cyberattaque de grande envergure visant les systèmes de réfrigération des supermarchés européens a des répercussions géopolitiques. Deux groupes de hackers pro-russes revendiquent ce sabotage qui a notamment touché Delhaize, Carrefour et Edeka. Cela ne signifie toutefois pas nécessairement qu’ils en soient réellement les auteurs.
Les réfrigérateurs comme arme cybernétique
Suite aux fortes soupçons émis par les experts en cybersécurité, les groupes de hackers NoName057(16) et Z-Pentest revendiquent désormais être bel et bien responsables des cyberattaques qui ont perturbé lundi les systèmes de réfrigération dans une douzaine de pays européens. Ils ont publié leur revendication sur Telegram, accompagnée, selon leurs dires, de 2 500 lignes issues d’une base de données du fournisseur danois de technologies de réfrigération Danfoss, comprenant notamment des identifiants et des mots de passe.
Les groupes attribuent expressément la responsabilité aux entreprises touchées. « Le problème ne vient pas de “hackers malveillants”, mais de la négligence systémique des opérateurs européens et américains qui ont ignoré pendant des années les exigences fondamentales en matière de cybersécurité », affirme Z-Pentest.
D’autres experts en cybersécurité remettent toutefois en question cette revendication. Les chaînes Telegram ont entre-temps disparu et il n’existe aucune preuve indépendante de l’implication des deux groupes. NoName057(16) est surtout connu pour ses attaques DDoS, au cours desquelles des pirates surchargent des sites web. Ce collectif avait déjà pris pour cible des services publics et des médias belges.
Des avertissements ignorés ?
Les attaquants ont manipulé à distance les réglages des installations frigorifiques et ont basculé les évaporateurs en mode dégivrage. Dans plusieurs pays européens, les températures dans les installations de réfrigération et de congélation ont ainsi grimpé, atteignant parfois 50 degrés Celsius. Les supermarchés ont donc dû retirer de la vente ou détruire de grandes quantités de produits frais et surgelés.
Il est frappant de constater que le Centre belge de cybersécurité avait déjà mis en garde, dès le 13 octobre, contre les vulnérabilités de ce type d’installations, à la suite d’attaques antérieures contre des supermarchés français. Pourtant, les pirates ont pu frapper à nouveau début novembre. En France, des cybercriminels ont même tenté de perturber les installations de réfrigération de banques de sang, mais le personnel a pu intervenir à temps. La Commission européenne a entre-temps organisé une réunion de crise avec, entre autres, l’agence de cybersécurité ENISA et le service de police Europol.
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